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a gestion prudente des ressources en eau est un enjeu crucial dans bien des régions d'Europe. La croissance démographique constante, la contamination des eaux de surface et des nappes phréatiques, la distribution inégale des ressources et les sécheresses périodiques se combinent pour créer de sérieux problèmes sociaux, environnementaux et économiques. Dans certaines régions d'Europe méridionale, les ressources conventionnelles ne peuvent satisfaire la demande en eau des exploitations agricoles, surtout pendant les mois d'été, toujours très secs, alors que la consommation augmente et que la saison touristique bat son plein.
Des efforts considérables sont consentis pour identifier de nouvelles sources d'eau viables pour l'irrigation, et l'utilisation d'eaux usées récupérées apparaît aujourd'hui comme l'une des options les plus prometteuses. Ce n'est pas une idée totalement nouvelle dans la région. Certains hôtels de Madère traitent leurs eaux usées pour les réemployer dans leurs jardins, notamment parce que c'est moins coûteux que d'utiliser de l'eau de mer dessalée. Sur les îles de Tenerife, de Grande Canarie, de Fuerteventura et de Lanzarote, on y a aussi assez largement recours. Chaque année, 8,6 millions de mètres cubes d'eaux usées récupérées dans les stations d'épuration de Santa Cruz de Tenerife et d'Adeje-Arona servent par exemple à irriguer des bananeraies. En 2002, 36% de l'approvisionnement total des îles Canaries proviendront de sources non conventionnelles, comme la désalinisation de l'eau de mer et le traitement des eaux usées.
Mais 24% de la population des Canaries ne sont pas raccordés à un réseau d'égouts public. Sur l'île portugaise de Madère, où le volume des eaux usées urbaines devrait augmenter de 21% entre 2001 et 2008, la situation est encore pire, avec environ 44% des habitants qui ne sont pas reliés aux égouts publics.
Les chercheurs du groupe de travail "Traitement de l'eau" du département d'ingénierie chimique de l'Université de La Laguna, à Tenerife, suivent depuis 1993 le premier programme de réutilisation planifiée des eaux usées récupérées dans l'île. Le système inclut l'acheminement sur de longues distances des eaux usées dans des conduites, le stockage de l'eau dans de profonds réservoirs et le traitement par des techniques de membranes très avancées. L'étude de performances a produit de nombreuses publications scientifiques. Le groupe de travail a estimé qu'il serait intéressant d'analyser les technologies d'épuration de l'eau utilisées dans d'autres régions qui connaissent des problèmes similaires à ceux des Canaries.
Des solutions durables
L'Université de La Laguna est depuis longtemps cliente de l'Instituto Tecnológico de Canarias, qui héberge le CRI Europe du Sud dans les îles Canaries. Quand son offre technologique de mener une étude sur la réutilisation des eaux usées a été publiée sur le réseau CRI, le CRI portugais (CPI) a tout de suite vu qu'elle répondait aux attentes spécifiques d'un de ses clients, l'Agence régionale de l'énergie et de l'environnement de Madère (AREAM).
L'AREAM souhaitait vivement disposer d'informations actualisées sur les méthodes nouvelles ou améliorées de gestion des eaux à des fins agricoles, en vue de contribuer à la gestion durable, efficace et économique des ressources de l'île. Les technologies performantes d'épuration des eaux, avec les systèmes d'acheminement, de stockage et de distribution qui s'y rattachent, sont des facteurs déterminants pour la qualité physique et chimique finale des eaux traitées.
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Une station de traitement de l'eau à Porto Santo, Madère. |
Avec l'aide du réseau CRI, des rencontres ont été arrangées aux Canaries et à Madère pour échanger des expériences technologiques et négocier un accord de coopération technique visant à mener une étude conjointe sur la situation de ces régions en ce qui concerne la réutilisation des eaux usées pour l'agriculture. La coopération s'est focalisée sur la récolte d'informations relatives à la production des eaux usées, et sur la comparaison des méthodes de collecte et de transport. En réunissant les parties intéressées à Madère et à Tenerife, les CRI ont encouragé un échange transnational de connaissances et d'expériences sur les diverses méthodes utilisées actuellement pour le traitement et la réutilisation des eaux usées. Un impact positif
Au cours de l'étude, les chercheurs ont aussi procédé à une analyse plus générale des moyens employés dans d'autres régions du monde pour réutiliser les eaux traitées. Instruits par leurs découvertes, ils ont formulé des recommandations afin d'apporter des améliorations dans la conception, la gestion et le fonctionnement des systèmes de traitement, et ont esquissé les besoins en termes de formation associés à la réutilisation des eaux.
Ils ont également mis en avant l'importance de la recherche, du développement et de l'innovation. En plus des informations collectées sur les résultats de recherches précédentes consacrées aux traitements applicables, l'étude a examiné les nouvelles orientations de recherche actuellement en cours à l'échelle internationale afin de voir comment il serait possible de les adapter au mieux aux besoins spécifiques de la région atlantique.
Si l'on en croit Raquel Horcajada, d'ITC, la coordinatrice du CRI : "Ce travail aura un impact positif clair sur le développement socioéconomique de la région." Le projet devrait permettre d'améliorer la qualité des ressources en eau grâce à la réutilisation des eaux usées, de créer de nouveaux projets de recherche et développement et de continuer à encourager le transfert de connaissances et de compétences techniques d'autres pays.
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