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Les patients en soins intensifs seraient soumis à des sons d'une intensité de 20 dB de plus que les taux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon une étude européenne menée dans le cadre d'un partenariat entre l'université de Göteborg et de l'université...
Les soins intensifs, un univers aussi bruyant que les autoroutes
Les patients en soins intensifs seraient soumis à des sons d'une intensité de 20 dB de plus que les taux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon une étude européenne menée dans le cadre d'un partenariat entre l'université de Göteborg et de l'université de Boras en Suède. Leurs résultats ont été publiés dans l'étude intitulée «The sound environment in an ICU patient room - A content analysis of sound levels and patient experiences», publiée dans la revue Intensive and Critical Care Nursing.

Ces résultats font partie d'une étude préliminaire appartenant à un projet plus vaste dans lequel les chercheurs étudieront en profondeur et d'un point de vue plus large la manière dont l'environnement physique affecte les patients gravement atteints.

Un taux élevé de bruit ambiant peut être néfaste pour la santé; en fait, le bruit est la cause de nombreux effets affectant la santé, dont les troubles du sommeil ou cardiovasculaires, des problèmes de performance à l'école ou au travail, et des troubles auditifs comme les acouphènes. Parallèlement, dans les pays occidentaux, le bruit du trafic est attribué à plus d'un million d'années de bonne santé perdues en maladie, handicaps ou mort précoce, selon l'OMS. En Europe, le bruit ambiant est responsable d'une charge de maladie situé juste après la pollution atmosphérique.

Dans l'étude actuelle, les chercheurs ont enregistré le bruit dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital Södra Älvsborg, l'un des quatre hôpitaux dans la région suédoise de Västra Götaland, où se trouvaient 13 patients gravement malades, sur une période de 24 heures. Ils ont découvert que le bruit ambiant dans lequel se trouvaient les patients était d'une intensité de 51 à 55 dB, un taux comparable à celui d'une route très fréquentée. Alors qu'ils ont remarqué que pour 70 à 90% du temps, le bruit était à plus de 55 dB, ils ont également enregistré des courts moments où il dépassait les 100 dB. Un taux équivalent au décollage d'un avion ou d'un marteau perforateur.

Ensuite, les patients ont été interrogés sur leurs impressions du bruit ambiant et ont exprimé leurs opinions négatives et positives. Les chuchotements du personnel ou les informations médicales sur le traitement étaient considérés comme des expériences positives.

«Les sons perçus comme effrayants étaient les bruits incontrôlés, comme par exemple, les alarmes, ou les sons émis par les autres patients en état grave, ainsi que les traitements et examens. Un patient a décrit comment certains bruits le faisaient halluciner», commente Lotta Johansson, chercheuse à la Sahlgrenska Academy, de l'université suédoise.

L'étude reconnaît que les taux de bruit étaient légèrement plus bas que ceux enregistrés lors d'études antérieures, bien qu'ils soient plus élevés comparés aux taux recommandés par l'OMS dans les chambres de patients en hôpital établis à 30 dB.

«Ce qui est intéressant est que les patients considéraient les bruits inconnus et incontrôlables les plus perturbants plutôt que les nuisances sonores générales très bruyantes. Cela montre que nous devons prendre de nouvelles mesures pour créer des environnements de soins propices à la guérison avec de meilleures conditions de sommeil et de rétablissement pour les patients en état de santé grave», conclut la chercheuse.
Source: University of Gothenburg; Journal of Intensive and Critical Care Nursing

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Pays

  • Suède
Numéro d'enregistrement: 35036 / Dernière mise à jour le: 2012-09-19
Catégorie: miscellaneous
Fournisseur: ec