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Le méthane, un composant chimique, est un gaz incolore et inodore. Malgré ses nombreuses utilisations, il s'agit d'un gaz à effet de serre relativement puissant. Une nouvelle recherche publiée dans la revue Nature et menée par une équipe internationale de l'université de Brist...
Du gaz en Antarctique
Le méthane, un composant chimique, est un gaz incolore et inodore. Malgré ses nombreuses utilisations, il s'agit d'un gaz à effet de serre relativement puissant. Une nouvelle recherche publiée dans la revue Nature et menée par une équipe internationale de l'université de Bristol (Royaume-Uni), de l'université de Californie à Santa Cruz (États-Unis), de l'université d'Alberta à Edmonton (Canada) et de l'université d'Utrecht (Pays-Bas) montre que la calotte glaciaire de l'Antarctique pourrait être une source de méthane négligée, mais importante.

La nouvelle étude menée par le professeur Jemma Wadham de la faculté de sciences géographiques de l'université de Bristol démontre notamment que la matière organique décomposée dans les bassins sédimentaires situés en-dessous de la calotte glaciaire de l'Antarctique ont sans doute été convertis en méthane par des microorganismes vivant dans des conditions dépourvues d'oxygène. Tout ce méthane est piégé dans la calotte glaciaire; toutefois, ce méthane pourrait s'échapper dans l'atmosphère si la calotte glaciaire diminue et finit par exposer ces anciens bassins sédimentaires.

Les chercheurs estiment que 50% de la calotte glaciaire de l'Antarctique ouest (1 million de km2) et 25% de la calotte glaciaire de l'Antarctique est (2,5 millions de km2) recouvrent les bassins sédimentaires pré-glaciaux, contenant environ 21 000 milliards de tonnes de carbone organique.

D'après le chef de l'équipe, le professeur Wadham, «il s'agit d'une immense quantité de carbone organique, plus de 10 fois la taille des stocks de carbone dans les régions de permafrost nordique. Nos expériences en laboratoire montrent que ces environnements sous glace sont également actifs d'un point de vue biologique, autrement dit le carbone organique est probablement métabolisé en dioxyde de carbone et en gaz de méthane par des microbes.»

Les chercheurs ont concentré leurs efforts et simulé l'accumulation de méthane dans les bassins sédimentaires de l'Antarctique en utilisant un modèle d'hydrate unidimensionnel. À l'aide de ce modèle, ils ont découvert que les conditions sous la glace favorisent l'accumulation d'hydrate de méthane (autrement dit, le méthane piégé au sein d'une structure de molécules d'eau, formant un solide similaire à la glace ordinaire).

Ils ont également pu calculer que la quantité potentielle d'hydrate de méthane et de gaz libre de méthane sous la calotte glaciaire de l'Antarctique pourrait atteindre 400 milliards de tonnes (soit, 400 Pg de carbone), un ordre de magnitude similaire à certaines estimations faites pour le permafrost arctique. Ce qui est également inquiétant est que la petite profondeur prévue de ces réserves potentielles les rend encore plus sujettes au forçage climatique - les conducteurs initiaux d'un changement de climat - que les autres réserves d'hydrate de méthane sur Terre.

Le Dr Sandra Arndt, partenaire du Conseil de la recherche sur l'environnement naturel (NERC, pour Natural Environment Research Council) à l'université de Bristol qui a conduit la modélisation numérique, n'a pas été particulièrement surprise des résultats. «Il n'est pas surprenant de s'attendre à des quantités significatives d'hydrate de méthane piégées sous la calotte glaciaire. Au même titre que les sédiments sous le sol marin, il y fait froid et les pressions sont élevées, des conditions importantes pour la formation d'hydrate de méthane.»

Si l'hydrate de méthane substantiel et le gaz sont présents sous la calotte glaciaire antarctique, la libération de méthane au cours des épisodes d'effondrements de calottes glaciaires pourrait être un résultat positif sur le changement climatique mondial lors du recul passé et à venir de la calotte glaciaire.

Le professeur Slawek Tulaczyk, glaciologue de l'université de Californie, à Santa Cruz, pense que leurs résultats possèdent des applications de plus grande envergure et méritent plus d'attention afin qu'ils soient compris dans leur totalité. «Notre étude souligne le besoin d'exploration scientifique continue d'environnements sous-glace isolés dans l'Antarctique, car elle peut avoir un impact plus important sur le système climatique de la Terre que nous l'avons estimé par le passé.»
Source: Revue Nature

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Pays

  • Canada, États-Unis
Numéro d'enregistrement: 35091 / Dernière mise à jour le: 2012-10-03
Catégorie: miscellaneous
Fournisseur: ec