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Les anciens modèles historiques pourraient expliquer la dynamique de l'emploi actuelle

Les études des siècles précédents ont révélé des pratiques professionnelles atypiques qui se répètent en quelque sorte. Une meilleure compréhension de ce cycle peut améliorer l'emploi et la mobilité.
Les anciens modèles historiques pourraient expliquer la dynamique de l'emploi actuelle
L'emploi au sein des sociétés pré-industrielles a sans doute fonctionné d'une autre manière, mais certaines similitudes sont frappantes. Elles pourraient d'ailleurs nous amener à revoir certains concepts intemporels, tels que le travail, la migration et les sans-abris. Le projet ATYPICALWORKPATTERNS (Atypical works in pre-industrial Europe. Pluriactivity, mobility and social identities), financé par l'UE, a étudié les modèles de travail atypiques des villes pré-industrielles au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Les chercheurs ont ainsi passé en revue les différents types de métiers dans la ville de Rome à cette époque par le biais d'une étude approfondie des documents historiques.

Une partie du travail a porté sur les serviteurs, à savoir les domestiques, les cuisinières et les cochers. Le projet a montré dans quelle mesure ces travailleurs avaient tendance à occuper des postes de serviteurs dans une seconde partie de leur vie ou pour une durée limitée par souci de mobilité horizontale. Le secteur alimentaire s'est montré lui aussi prodigue d'emplois, surtout en raison du fait que les travailleurs n'avaient besoin d'aucune formation ni d'outils hors de prix. À l'époque, il était plus facile de devenir vendeur et proposer des produits alimentaires ou des aliments que de devenir apprenti ou expert dans un domaine particulier.

Les chercheurs ont étudié le rôle des aubergistes, qui ont souvent transformé leur propre maison en auberge, ainsi que celui des apprentis qui le sont restés toute leur vie. Ils ont également analysé les difficultés rencontrées par les migrants et les saisonniers, tels que les laboureurs, qui arrivaient en ville, allant jusqu'à partager un logement avec 20 autres personnes.

Changer de travail signifiait changer de secteur professionnel pour la plupart, à l'exception du secteur alimentaire où une personne sur cinq restait sur la même voie. Dans l'agriculture, bien que les possibilités offertes aux laboureurs qui devaient changer de secteur étaient plutôt limitées, un tiers d'entre eux restaient dans ce domaine d'activité. Il est intéressant de constater que les artisans ne sont jamais devenus colporteurs ou vendeurs de produits alimentaires. Ils passaient généralement d'artisans à domestiques ou à d'autres services.

Certains travailleurs les plus pauvres pouvaient cumuler les activités professionnelles (pluriactivité). Les chercheurs citent ainsi un marchand de fruits qui était aussi épicier, et un aubergiste qui vendait aussi du poisson. Souvent, les soldats avaient un deuxième travail. Ils pouvaient être tailleurs ou cordonniers.

ATYPICALWORKPATTERNS a mis en exergue la relation étroite entre les sans-abris et les prémices de la ville moderne. Les gens restaient parfois sans logement peu de temps après avoir gagné la ville. Ils pouvaient ensuite trouver une maison et un emploi, avant de les perdre à nouveau. En d'autres termes, la mobilité professionnelle et résidentielle était liée au niveau de pauvreté et à l'instabilité de la ville.

Globalement, le projet a décrit l'emploi des plus pauvres de manière plus approfondie au-delà du fait de «accepter n'importe quel travail pour survivre». La dynamique d'intégration de ces individus dans le marché du travail présente des points communs avec la société actuelle. La société civile et les décideurs politiques d'aujourd'hui auraient raison d'examiner les liens étroits entre les travailleurs atypiques, les chômeurs, les sans-abris et les activités économiques.

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Mots-clés

Modèles de travail, emploi, mobilité, pré-industriel, pluriactivité, identités sociales