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Les mécanismes immunologiques de l'eczéma

L'incidence de l'eczéma a beaucoup augmenté ces dernières décennies. Qui plus est, 80 % des patients atteints de cette maladie cutanée inflammatoire développent une rhinite allergique et de l'asthme allergique, autrement dit la dermatite atopique.
Les mécanismes immunologiques de l'eczéma
La dermatite atopique (DA) ou eczéma est un trouble immunologique dû à des facteurs génétiques et environnementaux. Une recherche récente a impliqué le rôle primaire des défauts de la barrière cutanée dans le développement de la DA.

Le développement de la DA permet aux cellules dendritiques d'induire le développement de l'immunité de type 2 associé aux anticorps IgE qui reconnaissent les antigènes environnementaux pénétrant la peau. Ce type de réponses immunitaires transmises par la cellule 2 T, dont les cellules dendritiques liant l'IgE et les mastocytes, libèrent des cytokines pro-inflammatoires et des chimiokines qui provoquent les symptômes de la DA.

Le projet MAST CELLS IN ECZEMA (Study of the role of mast cells in the modulation of immune and inflammatory responses associated with eczema: novel genetic approaches from mouse systems and relevance to the human disease) s'est penché sur les mécanismes cellulaires impliqués dans l'eczéma.

Ils ont d'abord développé un modèle murin induit par les acariens (ou dermatophagoïdes) de la DA, et comparé le développement de la pathologie dans les souris de type sauvage et des souris transgéniques dépourvues de mastocytes. Les résultats ont montré qu'il n'y avait aucune différence significative entre les deux groupes, suggérant que, dans ce modèle, les mastocytes n'ont pas beaucoup contribué au profil de la maladie.

L'équipe s'est ensuite penchée sur le rôle d'une protéine (RAB facteur d'échange nucléotidique guanine 1, RABGEF1) connue pour sa régulation négative de l'activation des mastocytes et de production de médiateurs in vitro. Les souris dépourvues de RABGEF1 ont développé une morbidité et une inflammation cutanée grave accompagnées d'augmentations importantes au niveau des mastocytes cutanés, le consortium estime que les mastocytes de la peau dépourvus de RABGEF1 pourraient être responsables de la pathologie cutanée chez les souris dépourvues de RABGEF1. Les chercheurs ont donc supprimé RABGEF1 conditionnellement dans les mastocytes et d'autres types cellulaires impliqués dans la DA. Contrairement à l'hypothèse selon laquelle la carence en RABGEF1 dans les mastocytes pourrait jouer un rôle dans le développement des lésions cutanées dans ces modèles, les chercheurs ont découvert que la carence en RABGEF1 dans les kératinocytes joue un rôle important dans la promotion du développement de l'inflammation cutanée in vivo. À l'aide d'une approche translationnelle, les chercheurs ont également analysé les profils d'expression à l'échelle du génome de la peau humaine atteinte de DA avec et sans lésions, qui pourraient servir à la recherche continue d'évènements cellulaires et moléculaires impliqués dans l'eczéma.

À terme, cette recherche pourrait conduire à la découverte de thérapies ciblées pour la prévention ou le traitement de la DA. La vaste plateforme de connaissances mise au point par MAST CELLS IN ECZEMA pourrait également être appliquée à d'autres maladies atopiques comme l'asthme et la rhino-conjonctivite.

Informations connexes

Mots-clés

Eczéma, dermatite atopique, cellules dendritiques, mastocytes
Numéro d'enregistrement: 182774 / Dernière mise à jour le: 2016-05-24
Domaine: Biologie, Médecine