Service Communautaire d'Information sur la Recherche et le Développement - CORDIS

Un bloquant naturel pour l'infection par le VIH

À l'heure actuelle, plus de 36 millions de personnes dans le monde sont infectées par le VIH et des centaines de milliers meurent chaque année de maladies liées au VIH. Comprendre le mécanisme responsable du tropisme VIH-1 pourrait fournir des indices de traitements antiviraux.
Un bloquant naturel pour l'infection par le VIH
Malgré des années de recherche, le développement d'un vaccin anti-VIH efficace est encore loin, alors que les traitements n'ont jusqu'à présent pas réussi à éradiquer le virus. Le VIH-1 possède un tropisme hôte étroit limité aux humains et aux chimpanzés en raison de la réplication virale qui rencontre plusieurs barrières dans d'autres espèces. Ces barrières se composent des facteurs hôtes nécessaires à la réplication du virus et des facteurs dominants qui bloquent la réplication dans de nombreuses espèces. Ces derniers sont également connus comme facteurs de restrictions et font partie de l'immunité antivirale intrinsèque.

Dans cet esprit, les scientifiques du projet HIVMARMOD (Innate intracellular blocks to HIV-1 in New World monkeys), financé par l'UE, se sont engagés à explorer quels facteurs bloquent la réplication du VIH-1 dans les cellules de ouistitis, des singes platyrhiniens. Les travaux précédents avaient indiqué que l'infection par le VIH-1 était bloquée au niveau de l'entrée virale.

HIVMARMOD a de plus montré que plusieurs protéines de ouistiti (A3G, BST2) empêchaient l'infection du VIH-1 dans la culture cellulaire. Néanmoins, après un processus d'adaptation dans la culture cellulaire, des changements spécifiques dans les protéines virales Vif et Env ont facilité l'évasion du virus d'A3G et du BST2, respectivement. Les informations liées au mécanisme de cette observation ont indiqué que les variantes Env augmentaient l'adéquation aux virus et privilégiaient la transmission cellule-à-cellule.

Par ailleurs, les scientifiques n'ont observé que les lymphocytes sanguins périphériques de ouistiti et une lignée cellulaire lymphocytaire B (B-LCL) contenaient des blocs viraux supplémentaires après l'entrée. Dans les lymphocytes sanguins périphériques, le blocage avait lieu au niveau de la transcription inverse, réduisant ainsi l'accumulation des transcriptions virales précoces et tardives. Dans le cas de la B-LCL, un facteur de restriction a inhibé l'intégration provirus dans le génome hôte.

Ensemble, les activités HIVMARMOD ont fourni de nouvelles informations sur les interactions virus-hôte et les mécanismes qu'utilise le virus pour éviter la réponse immune innée. La caractérisation du mécanisme d'action de ces facteurs de restriction permettrait de comprendre la pathologie VIH et d'aider à la découverte de thérapies innovantes contre l'infection.

Informations connexes

Thèmes

Life Sciences

Mots-clés

Infection par le VIH, tropisme, facteur de restriction, ouistiti, singes platyrhiniens, A3G, BST2, Vif, Env