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De nouvelles cibles de vaccin pour le paludisme

Malgré des recherches approfondies, le paludisme reste un problème de santé majeur dans les pays tropicaux. Cibler les étapes initiales de l'infection pourrait permettre de mettre au point un vaccin antipaludéen efficace.
De nouvelles cibles de vaccin pour le paludisme
Les parasites Plasmodium causant le paludisme infectent et se multiplient à l'intérieur des globules rouges, induisant les manifestations cliniques du paludisme. Cette étape est précédée par une phase cliniquement silencieuse de réplication du parasite dans le foie, qui représente une cible idéale pour les approches prophylactiques antipaludéennes comme les vaccins. Malgré les efforts, le développement d'un vaccin efficace a été freiné par la difficulté à identifier les antigènes cibles parmi les milliers de protéines différentes encodées par les parasites.

Les scientifiques du projet STACOMAL (Regulation of stage conversion in the malaria parasite: molecular insights for novel vaccine strategies), financé par l'UE, souhaitaient explorer les mécanismes moléculaires qui dirigent la conversion à l'étape du parasite et identifier les cibles thérapeutiques ou de vaccin potentielles. Dans cette optique, ils ont utilisé des approches génétiques pour déchiffrer le rôle des facteurs de l'étape du foie et élucidé comment le parasite remodèle son répertoire antigénique pendant le stade hépatique. Les travaux précédents avaient conduit à l'identification de la SLARP (protéine riche en asparagine dans les sporozoïtes et au stade hépatique) comme régulatrice principale du développement du stade hépatique du Plasmodium.

D'après les chercheurs, bien que les parasites SLARP-knockout aient présenté un arrêt complet du développement dans les hépatocytes infectés, ils n'ont conféré qu'une protection limitée dans les animaux immunisés. Autrement dit, certains des gènes sous le contrôle de la SLARP pourraient être impliqués dans l'immunité protectrice.

D'un point de vue mécanistique, SLARP a exercé son rôle régulateur à travers d'autres éléments agissant dans la séquence cis et par répression translationnelle. Autrement dit, les gènes sous le contrôle de la SLARP étaient transcrits mais les mARN résultants n'étaient pas traduits jusqu'à ce que le parasite infecte le foie.

Dans leur ensemble, ces observations ont permis de mieux comprendre le processus de la différenciation du parasite dans le foie au niveau moléculaire. Disséquer le processus de la remodélisation du profil antigénique parasitaire lors de la conversion de l'étape est une condition essentielle pour le développement rationnel de nouvelles approches thérapeutiques. Par conséquent, la génération de lignées parasitaires présentant les défauts définis au stade de la conversion peut contribuer à identifier des antigènes protecteurs candidats. Cela nous aidera également à comprendre le phénomène d'une dormance du parasite dans le foie, une caractéristique du parasite humain.

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Mots-clés

Vaccin, paludisme, Plasmodium, globules rouges, foie, SLARP, immunité protectrice, répression translationnelle
Numéro d'enregistrement: 190711 / Dernière mise à jour le: 2016-12-14