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Un pas de plus vers la xénogreffe d'organe

Le manque de donneur d'organes à greffer partout dans le monde est à l'origine de plus de 5 000 décès chaque année. L'on s'attend à ce que l'augmentation de l'espérance de vie entraîne un besoin supplémentaire d'organes et de solutions permettant de contrer cette carence.
Un pas de plus vers la xénogreffe d'organe
La xénogreffe d'organe désigne le fait d'obtenir des organes, comme un cœur ou un foie, d'autres espèces. Toutefois, les tentatives visant à produire des porcs génétiquement modifiés et de nouveaux traitements immunosuppresseurs se sont soldées par un échec. Une puissante réaction immunitaire contre les organes greffés ainsi que la coagulation spontanée sont dues à des incompatibilités moléculaires entre les espèces.

Mais il pourrait y avoir un espoir puisque des chercheurs ont démontré la possibilité de créer des animaux chimères inter-espèces tels qu'une chimère souris-rat, grâce à un processus de «complémentation interspécifique d'embryons». Cette méthode exige une édition du génome du zygote au terme de laquelle des cellules souches pluripotentes (CSP) spécifiques à la chimère sont injectées dans le zygote. Le cas échéant, le génome de la souris a été édité et des CSP ont été injectées dans les embryons de souris. Le chimérisme est un état où un organisme présente des tissus contenant des gènes d'un autre organisme.

Dans le cadre du projet INTEREXT (Interspecies endotheliarization for organ xenotransplantation), des chercheurs ont fourni la démonstration de principe révolutionnaire de la production de chimères souris-rats. Tout d'abord, ils ont obtenu des lignées cellulaires chimériques de grande qualité après avoir isolé 11 lignées de cellules souches embryonnaires (CSE) de rat et fabriqué trois CSP induites. Elles ont ensuite été injectées dans les embryons de souris. Les chercheurs ont réussi à fabriquer huit chimères souris-rats interspécifiques. Toutefois, aucune parmi ces souris ne présente un système vasculaire formé uniquement à partir des cellules de rat.

L'avenir de la xénogreffe d'organe repose sur la mise au point de chimères interspécifiques, où le chimérisme peut effectivement se confiner à un type de tissu spécifique, tel que le système vasculaire. S'ils y parviennent, les chercheurs pourront cultiver des organes humains dans de grands animaux, tels que les porcs. Le traitement de maladies comme l'hypercardiomyopathie et le diabète pourrait dès lors être personnalisé. Le projet INTEREXT constitue un progrès en ce sens.

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Mots-clés

Xénogreffe d'organe, chimère inter-espèces, complémentation interspécifique d'embryon, PSC, INTEREXT