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FP7

FLORA STOP INFECTION Résultat en bref

Project ID: 293894
Financé au titre de: FP7-PEOPLE
Pays: Espagne

Des probiotiques pour réduire les dommages dus aux antibiotiques

La prise d'antibiotiques modifie le contenu du microbiote intestinal humain, parfois pour toujours, ce qui prédispose le patient aux infections. Des chercheurs de l'UE ont étudié l'importance des modifications dues aux antibiotiques.
Des probiotiques pour réduire les dommages dus aux antibiotiques
Les pathogènes résistants aux antibiotiques, tels que la bactérie Klebsiella pneumoniae qui résiste aux carbapénèmes, constituent une menace croissante en milieu hospitalier, où les traitements antibiotiques sont très répandus. L'infection commence généralement avec la colonisation de l'épithélium intestinal et la perturbation de la flore microbienne naturelle. D'autre part, l'administration d'antibiotiques favorise l'établissement d'une infection quand la flore naturelle est affaiblie.

Le projet FLORA STOP INFECTION (Role of the microbiota in the defense against antibiotic resistant pathogens) a exploré ces mécanismes pour comprendre comment surviennent ces modifications. En outre, les chercheurs ont étudié comment les probiotiques pourraient empêcher ces altérations nuisibles, ainsi que les mécanismes sous-tendant l'inhibition de la colonisation dans l'intestin.

En utilisant un modèle murin, FLORA STOP INFECTION a découvert que l'ampicilline, la vancomycine ou la clindamycine provoquaient des changements radicaux dans le microbiote intestinal, ce qui entraînait un niveau très élevé d'agents pathogènes. Élément important, certaines des bactéries commensales éliminées n'étaient jamais récupérées après un traitement antibiotique, ce qui a permis aux infections de persister.

Des tests sur des patients humains ont montré que, même 22 semaines après l'arrêt des antibiotiques, on ne trouvait plus de trace d'un grand nombre des bactéries commensales présentes initialement. Comme cette absence est une possible indication d'un changement permanent, sa signification clinique est très élevée.

Cependant, certains antibiotiques comme la néomycine n'ont provoqué que peu de modifications dans le microbiote intestinal, leurs effets étant variables selon les sujets. Le suivi de la microflore de chaque patient pourrait identifier les personnes particulièrement susceptibles de développer des infections.

Les chercheurs ont inoculé un cocktail de bactéries à des souris pour identifier les microbes qui ont conféré une résistance à une infection ultérieure. Chez les souris présentant un système immunitaire incomplet, du fait par exemple de l'absence de récepteurs de type Toll ou de lymphocytes T, certains probiotiques conféraient une résistance aux pathogènes résistants aux antibiotiques, ce qui suggère que les molécules produites par ces bactéries peuvent inhiber la croissance des pathogènes. Les travaux se poursuivent après la fin du projet pour identifier les mécanismes mis en œuvre.

Fait important, l'équipe a été en mesure de démontrer l'apport de la détection du quorum (quorum sensing) dans la composition résultante du microbiote au cours de la prise d'antibiotiques. La manipulation de la densité de population a permis de contrer certains changements préjudiciables à l'équilibre microbien, ce qui constitue également une bonne nouvelle pour les futurs traitements.

Les résultats de la recherche de FLORA STOP INFECTION ont apporté des informations précieuses pour contrer les inconvénients des antibiotiques sur les patients, en particulier ceux dont le système immunitaire est affaibli. Des rapports complets des résultats du projet ont été publiés par Cell Press et Cell reports du groupe Elsevier.

Informations connexes

Mots-clés

Probiotiques, antibiotique, microbiote intestinal, agents pathogènes résistants aux antibiotiques, FLORA STOP INFECTION
Numéro d'enregistrement: 190803 / Dernière mise à jour le: 2016-12-23