Service Communautaire d'Information sur la Recherche et le Développement - CORDIS

La drosophile comme modèle pour l'étude de l'inflammation intestinale et du cancer

Des scientifiques européens ont œuvré sur la voie d'une meilleure compréhension de la maladie inflammatoire de l'intestin, l'inflammation et la formation de la tumeur.
La drosophile comme modèle pour l'étude de l'inflammation intestinale et du cancer
La maladie intestinale est souvent causée par des microbes pathogènes, qui perturbent l'homéostasie épithéliale, provoquant une inflammation et une déficience de la réponse immunitaire innée. La nature moléculaire du lien entre l'infection microbienne, l'inflammation et le cancer, néanmoins, reste floue.

Compte tenu des voies conservées au cours de l'évolution au niveau de la signalisation immunitaire innée et de la cancérogenèse, la drosophile est un modèle adapté à l'étude des traitements humains. Financé par l'UE, le projet INFECTIONCANCER (Identifying genetic and microbial factors that promote intestinal inflammation and cancer using Drosophila) a exploité la drosophile comme système de modèle génétiquement manipulable d'inflammation et de cancérogenèse.

Les travaux précédents menés par le consortium avaient montré que des bactéries virulentes induisaient l'apoptose des entérocytes et activaient des cellules souches endogènes pour réapprovisionner les cellules mourantes. Selon le profil génétique, ce processus pourrait conduire à la formation et la croissance de tumeur. Les scientifiques ont étudié des mouches infectées sujettes à la dysplasie intestinale, examinant des gènes exprimés de façon différentielle qui pourraient participer à l'interaction entre l'infection et le développement de la tumeur.

En plus des facteurs génétiques, les chercheurs ont découvert que l'alimentation et les bactéries intestinales affectent également la formation de métastases des tumeurs. Ils ont observé que les microbes intestinaux comme P. aeruginosa et E. coli interagissaient entre eux mais aussi avec l'hôte pour induire, voire inhiber l'inflammation. Fait important, ils ont découvert des compositions du microbiote qui affectaient l'inflammation intestinale et étaient étroitement liées à certains états pathologiques.

Afin de définir si ces changements constituaient une véritable cause de l'inflammation intestinale, ils ont évalué le potentiel de diverses combinaisons de bactéries intestinales à induire l'inflammation et la maladie. Ils ont découvert que certaines bactéries dont P. aeruginosa et E. coli excrétaient des métabolites qui pourraient induire directement l'inflammation.

Dans l'ensemble, les résultats d'INFECTIONCANCER établissent un lien direct entre la présence de certaines bactéries intestinales et l'inflammation. Face à la prédominance croissante des maladies intestinales et du cancer, les informations obtenues pourraient contribuer au développement de mesures préventives ou à la conception de nouvelles interventions thérapeutiques.

Informations connexes

Mots-clés

Drosophile, inflammation intestinale, cancer, gène, P. aeruginosa, E. coli, microbiote