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Le système immunitaire identifie les champignons pathogènes

Le champignon Candida albicans (Ca) fait partie intégrante du microbiote intestinal mais il peut également être responsable d'infections pathologiques chez l'homme. Un projet européen a été initié pour développer des outils capables de distinguer les formes commensales du champignon de ses formes pathogènes.
Le système immunitaire identifie les champignons pathogènes
Ca est un champignon dimorphique dont la croissance est similaire à celle de la levure et celle des cellules filamenteuses; l'une des rares espèces du genre Candida qui provoque une candidose chez l'homme. Les cellules de l'immunité innée tolèrent parfaitement la colonisation commensale de Candida albicans mais combattent efficacement l'invasion mucosale et systémique opportuniste du champignon pathogène.

Les cellules immunitaires et les champignons interagissent essentiellement au niveau de la paroi cellulaire du champignon, les motifs moléculaires associés aux pathogènes (PAMP) étant reconnus par les récepteurs à reconnaissance de forme (PRR). La composition de la paroi cellulaire des souches virulentes qui se présentent sous formes d'hyphes fongiques (groupe de cellules fongiques filamenteuses) diffère de celle des souches inoffensives qui se présentent sous forme de levure, cette différence stimule alors différentes voies de signalisation et par conséquent une reconnaissance immunitaire différentielle. Le projet FUNGISORT (Sorting out host recognition of fungal infection), financé par l'UE, avait pour objectif d'étudier l'interaction entre les récepteurs à reconnaissance de formes de l'hôte et les motifs moléculaires propres au champignon puis de développer de nouveaux outils capables de déterminer l'état pathogène de celui-ci.

La transpeptidation médiée par la sortase (sortagging en anglais) est un système chimio-enzymatique permettant de marquer spécifiquement des protéines grâce à de petites sondes qui pourront ensuite être utilisées pour fixer les dites protéines par affinité (de la même façon que les marqueurs biotine ou les fluorophores). Cette technique permet de purifier les protéines marquées ou de réaliser une immunoprécipitation des protéines exprimées à la surface de cellules vivantes. Les chercheurs du projet ont utilisé cette technique de transpeptidation pour étudier une lectine de type C, le récepteur DC-SIGN (pour dendritic cell-specific intercellular adhesion molecule-3-grabbing non-integrin) qui joue un rôle majeur dans la reconnaissance immunitaire innée de Candida albicans.

Par cette technique, les chercheurs ont marqué par fluorescence, le domaine de reconnaissance de DC-SIGN et exploité cette propriété dans des expériences de microscopie confocale et d'immunoprécipitation par affinité dans des macrophages. Ils ont ainsi identifié des glycoprotéines secrétées par Candida qui interagissent avec DC-SIGN. Ces résultats préliminaires démontrent qu'il est maintenant nécessaire de retrouver et d'étudier ces glycoprotéines in vivo afin de vérifier qu'elles possèdent bien des fonctions immunomodulatrices médiées par DC-SIGN.

Ces travaux nous ont ainsi permis d'accroître significativement nos connaissances concernant la reconnaissance immunitaire de l'infection fongique. Ils ouvrent également de nouvelles voies pour le développement d'outils diagnostiques susceptibles de déterminer la pathogénicité fongique.

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Thèmes

Life Sciences

Mots-clés

Candida albicans, motif moléculaire associé au pathogène, récepteurs de reconnaissance de forme, FUNGISORT, transpeptidation médiée par la sortase