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Un nouvel éclairage sur les ardoises naturelles résout les problèmes du marché des toitures

Partout en Europe, les toitures des bâtiments anciens sont faites en ardoises, mais on sait encore peu de chose sur cette pierre de construction. Une initiative de l'UE a permis de mieux comprendre ce matériau et de proposer des solutions à certains problèmes urgents de l'industrie européenne des ardoises pour toiture.
Un nouvel éclairage sur les ardoises naturelles résout les problèmes du marché des toitures
Depuis la nuit des temps, l'ardoise est la pierre naturelle la plus importante et quasiment la seule à avoir été utilisée pour les toitures. Cependant, on manque de connaissances sur ce précieux matériau, alors qu'on dispose d'une abondante littérature scientifique sur d'autres pierres comme le marbre ou le granit.

Le projet TOMOSLATE (New uses for X-ray tomography in natural building stones: Characterization, pathologies and restoration of historical and recent roofing slates), financé par l'UE, visait à «combler ce déficit de connaissances, tout en identifiant les principaux problèmes de l'industrie européenne des ardoises pour toiture et y apporter des réponses», déclare le Dr Víctor Cárdenes, chercheur principal du projet. Les chercheurs ont étudié les caractéristiques des ardoises de toiture en utilisant la microtomographie aux rayons X (MCT), en combinaison avec d'autres analyses techniques.

De nouvelles méthodes pour répondre aux problèmes de l'industrie de l'ardoise pour toiture

«Il n'existe actuellement aucune norme de classification adaptée aux différentes variétés d'ardoise pour toiture», fait remarquer le Dr Cárdenes, chercheur à l'Université de Gand en Belgique. Pour les différentes pierres, l'industrie de l'ardoise utilise des appellations commerciales et non des dénominations pétrologiques. Cela suscite une confusion générale sur la nature et les caractéristiques des ardoises pour toiture. TOMOSLATE a caractérisé et classé les lithotypes existants de ces ardoises. Selon le Dr Cárdenes, il s'agit de la toute première classification des ardoises pour toiture réalisée dans le monde.

Le projet a défini les problèmes qui affectent les ardoises pour toiture afin de proposer une méthodologie atténuant les conséquences du vieillissement climatique sur cette pierre. «Ce travail est vital à la préservation du patrimoine architectural de l'Europe», insiste le Dr Cárdenes. La méthode destinée à empêcher l'oxydation du sulfure de fer, principale cause du vieillissement climatique, est basée sur un nouveau concept. Au lieu d'appliquer un produit chimique sur l'ardoise dans le cadre de la chaîne de production, cette technique innovante est employée lorsque l'ardoise du toit commence à montrer une oxydation. On applique une peinture protectrice de revêtement à partir d'une bombe aérosol. Cette approche est simple à utiliser et écologique.

TOMOSLATE a analysé les tests standardisés utilisés pour les ardoises pour toiture. «Ces tests sont obligatoires pour le marché de l'ardoise», ajoute-t-il. «Cependant, ils peuvent être optimisés afin d'améliorer les informations obtenues à partir des évaluations.»

Le Dr Cárdenes déclare que le projet a également débouché sur un résultat inattendu. L'utilisation de la MCT sur les ardoises a mis en évidence la présence de populations de pyrite framboïdale. La mesure et l'analyse rapides et fiables de ces populations ont ouvert un nouvel axe de recherche qui a des implications importantes dans d'autres domaines de la géologie, tels que la paléoécologie et l'extraction de minerais.

Élucider le mystère de la nature réelle de l'ardoise

«TOMOSLATE aidera l'industrie de l'ardoise pour toiture, les constructeurs et les architectes à mieux comprendre les produits qu'ils utilisent», explique le Dr Cárdenes. Lorsque lui et d'autres personnes ont visité des carrières d'ardoise et effectué des présentations dans des conférences dédiées, il leur est globalement apparu que personne ne savait ce qu'était exactement l'ardoise pour toiture. Certains producteurs ne savaient même pas quel type de pierre ils extrayaient.

«Aujourd'hui, les gens comprennent mieux cette pierre naturelle très importante qui est abondamment utilisée en Europe et dans le reste du monde», conclut le Dr Cárdenes. Au final, les résultats de TOMOSLATE donneront un nouvel élan à l'économie des zones européennes de production d'ardoise, grâce à la valeur ajoutée apportée à leurs ardoises.

Mots-clés

Ardoises pour toiture, TOMOSLATE, tomographie à rayons X, pierres de construction naturelles, vieillissement climatique