Service Communautaire d'Information sur la Recherche et le Développement - CORDIS

Un aperçu sur la régulation des télomères

Le maintien de la longueur des chromosomes est un processus crucial pour la cellule. Déterminer comment ce processus est régulé pourrait s'avérer primordial pour identifier les déterminants de la carcinogenèse.
Un aperçu sur la régulation des télomères
Le processus de réplication du génome des mammifères ne peut intrinsèquement copier l'extrémité des chromosomes, un phénomène qui entraîne leur raccourcissement progressif. Pour éviter la perte de séquences génétiques, les chromosomes des mammifères possèdent à leur extrémité, des régions de séquence répétitive connues sous le nom de télomères, qui empêchent ainsi l'activation de la machinerie de réparation des dommages de l'ADN. A contrario, si les télomères deviennent trop longs, ils deviennent instables et peuvent se recombiner.

Certaines cellules du corps comme les cellules germinales et les cellules souches contiennent une enzyme appelée télomérase, une réverse transcriptase très conservée au cours de l'évolution, qui allonge les télomères chromosomiques. Cette protéine compense l'incapacité de la cellule à reproduire complètement l'extrémité de ses chromosomes. La manière dont ce processus d'allongement des télomères est régulé pour éviter un allongement permanent et donc la formation de télomères instables reste pourtant encore très mal compris.

Pour répondre à cette question, les chercheurs du projet TELOSCREEN (How spontaneous telomeric fusions occur: unravelling new pathways required for end protection), financé par l'UE, ont exploité un organisme modèle, Schizosaccharomyces pombe. En utilisant les propriétés des transposons, ils ont réalisé un criblage génétique afin de révéler les protéines nécessaires au maintien de l'homéostasie des télomères. Ce dépistage a permis d'identifier une protéine hautement conservée au cours de l'évolution, la phosphatase Ssu72, qui agit comme régulateur de la télomérase.

Les chercheurs ont observé que les mutants Ssu72 présentaient des télomères trois à cinq fois plus longs que ceux des cellules de type sauvage ainsi qu'une activation des points de contrôle de la réponse aux dommages de l'ADN. Les mutants sont incapables de recruter le complexe de liaison de l'ADN monocaténaire (un seul brin) qui favorise la synthèse du brin indirect (lagging strand en anglais) et l'inhibition de la télomérase. Ce dysfonctionnement suggère nettement le rôle joué par Ssu72 dans la synthèse des brins indirects et l'inhibition du recrutement de la télomérase. Les chercheurs ont obtenu des résultats similaires sur des cellules humaines où la régulation négative de Ssu72 entraînait l'élongation des télomères et l'arrêt de la division cellulaire.

Au total, les résultats de TELOSCREEN font considérablement progresser nos connaissances sur la régulation et l'homéostasie des télomères. Les cellules cancéreuses possédant une télomérase très active, ces informations nous apportent ainsi, non seulement un aperçu novateur des mécanismes de développement du cancer, mais elles représentent également la base de nouvelles stratégies anticancéreuses.

Informations connexes

Mots-clés

Télomère, chromosome, télomérase, TELOSCREEN, Ssu72
Numéro d'enregistrement: 200137 / Dernière mise à jour le: 2017-06-29