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FP6

ACE-ART — Résultat en bref

Project ID: 506214
Financé au titre de: FP6-FOOD
Pays: Italie

La résistance aux antibiotiques contamine la chaîne alimentaire

Si l'on veut gérer la probabilité d'émergence des maladies et évaluer les risques, il est nécessaire de comprendre comment la résistance aux antibiotiques se transmet dans la population bactérienne. C'est dans cette esprit que le projet ACE-ART a décortiqué les bases génétiques des mécanismes de transmission de la résistance parmi les diverses populations bactériennes utilisées dans le secteur agro-alimentaire.
La résistance aux antibiotiques contamine la chaîne alimentaire
La résistance aux antibiotiques représente un sérieux problème pour nos sociétés modernes. La mauvaise utilisation des antibiotiques a certainement contribué à la propagation de ce phénomène mais la cause principale réside plus probablement dans la transmission des gènes de résistance entre les différents microorganismes.

Jusqu'à présent, la majorité des études sur le sujet se sont focalisées sur la capacité des bactéries pathogènes à transmettre leurs gènes. Pourtant, les souches non pathogènes utilisées pour la fermentation alimentaire sont tout aussi importantes. La transmission de gènes de résistance aux antibiotiques dans ces populations bactériennes a et aura des implications profondes sur toute la chaîne alimentaire.

Dans ce contexte, le projet ACE-ART («Assessment and critical evaluation of antibiotic resistance transferability in food chain») financé par l'UE a axé ses recherches sur certaines souches bactériennes de ferments lactiques utilisées comme culture de démarrage dans la fermentation alimentaire et évalué leur capacité de transmission des gènes de résistance. L'objectif principal des chercheurs étaient d'évaluer l'impact de l'usage des antibiotiques dans l'agriculture et dans les traitements prophylactiques de certaines maladies chez l'homme.

Les chercheurs ont évalué le rôle de réservoir de gènes de résistances de ces souches bactériennes ainsi que leur capacité de transmission de ces gènes dans l'environnement, aux animaux et à l'homme. Leurs résultats montrent que le transfert génétique était le plus probable chez les pathogènes Gram positifs et que la présence d'antibiotiques dans l'environnement renforçait ce phénomène.

Les expériences réalisées par les chercheurs pour déterminer le profil de cette résistance antibiotique ont permis d'identifier trois mécanismes différents d'acquisition, naturelle ou intrinsèque, mutationnelle et enfin par transmission horizontale. Ces résultats confirment la position de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) qui exige une évaluation tant phénotypique que génétique du profil de résistance aux antibiotiques des souches qui demandent son approbation.

Le consortium ACE-ART a lancé une campagne de communication ciblant à la fois les autorités européennes et le grand public et favorisé en parallèle la coopération entre les scientifiques et l'industrie. Les résultats du projet ont permis de faire la lumière sur le phénomène de résistance aux antibiotiques chez les bactéries non pathogènes avec des conséquences importantes pour l'industrie agro-alimentaire et les stratégies futures de prévention et de gestion.

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