Service Communautaire d'Information sur la Recherche et le Développement - CORDIS

Aider les patients atteints de sclérose en plaques à s'aider eux-mêmes

Il est possible d'apprendre aux patients atteints de sclérose en plaques (SEP) à gérer et à atténuer, au moins partiellement, les pertes cognitives générées par la maladie. Un nouveau programme cognitif collectif permet une amélioration de l'autonomie et des capacités professionnelles des patients atteints de sclérose en plaques, et il leur offre par conséquent une meilleure qualité de vie et un peu plus de bonheur.
Aider les patients atteints de sclérose en plaques à s'aider eux-mêmes
La sclérose en plaques est une pathologie neurodégénérative qui touche près de 400 000 Européens et plus de deux millions de personnes dans le monde. Environ la moitié des personnes atteintes de cette maladie finiront par souffrir d'une dégradation de leur capacité mentale, ce qui affectera la possibilité d'une vie indépendante et leur capacité de travail. La rééducation s'est pourtant révélée efficace à ce niveau, car elle permet d'améliorer le bien-être des malades.

Une étude de l'UE intitulée MS COGNITIVE REHAB («Development and evaluation of a cognitive rehabilitation program for persons with multiple sclerosis») a été lancée afin d'évaluer de manière factuelle l'impact clinique d'un programme collectif de rééducation cognitive. Les auteurs de cette étude ont d'abord recueilli les préférences exprimées par un groupe de discussion comprenant 21 patients. Les malades ont signalé les problèmes quotidiens caractéristiques des patients atteints de sclérose en plaques et manifesté un désir de rééducation cognitive intégrée à leurs autres programmes de rééducation. Un groupe de professionnels a ensuite élaboré un programme adapté de rééducation en utilisant les informations collectées. Ce cours collectif de huit semaines a été mis en pratique par un ergothérapeute et testé sur un groupe pilote de cinq patients SEP. Celui-ci devait apporter aux patients les moyens de gérer leurs déficits cognitifs.

Après optimisation, le programme intégrant de nouveaux outils et processus d'évaluation a ensuite été testé sur un groupe de 39 patients israéliens. Combinant critères qualitatifs et quantitatifs, les patients ont ainsi été évalués avant la mise en place du programme, immédiatement après, et une nouvelle fois trois mois plus tard.

Les patients participant à l'étude ont grandement amélioré leur performance professionnelle et se sont montrés très satisfaits de leurs progrès. De plus, même trois mois après la fin du programme, les patients faisaient toujours des progrès dont ils étaient particulièrement contents. Ils ont également amélioré leur performance cognitive et leur capacité à gérer l'altération des fonctions cérébrales, ce qui par conséquent a amélioré leur qualité de vie. La plupart des participants ont complété la plupart des sessions proposées et exprimé leur satisfaction avec le programme.

Les chercheurs du projet en ont conclu qu'un tel programme était parfaitement adapté et efficace pour les patients atteints de sclérose en plaques. Ces premiers résultats montrent qu'il y a lieu d'être optimiste concernant l'aide potentielle qu'il est possible d'apporter aux malades en améliorant leur indépendance, leur productivité et leur bien-être. Les partenaires de l'étude recommandent donc l'adoption de programmes similaires dans les unités de soins spécialisés dans la sclérose en plaques dans toute l'Europe. L'équipe de recherche va maintenant analyser les différences entre ce groupe d'essai et un groupe contrôle, puis évaluer les effets à long terme du programme.

Informations connexes