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Étudier les gènes à l'origine des troubles mentaux

Les scientifiques ont étudié en profondeur deux gènes susceptibles d'être à l'origine de la schizophrénie. Ils ont identifié les principaux mécanismes qui contribuent à la schizophrénie, ce trouble psychiatrique aliénant et difficile.
Étudier les gènes à l'origine des troubles mentaux
Pour appréhender les éléments mécaniques propres aux anomalies cognitives et aux phénotypes liés à la schizophrénie, les chercheurs européens ont exploité les travaux préalables dans le cadre du projet SCHIZOGENES (Role of genetic interaction between COMT and Dysbindin in cognitive and schizophrenia-related abnormalities), financé par l'UE.

L'équipe a mis au point un ensemble de tâches novatrices qui s'avéreront particulièrement utiles pour les recherches sur les êtres humains. Les chercheurs ont passé en revue les effets de la mémoire et des changements environnementaux. Ils ont automatiquement disséqué plusieurs aspects du contrôle de l'attention chez les souris. Un système d'apprentissage assisté par ordinateur a permis d'analyser dans le détail la cognition sociale et les comportements, des aspects altérés chez les patients atteints de schizophrénie.

Deux gènes de susceptibilité sont à l'étude: la catéchol-O-méthyltransférase (COMT) et la dysbindine (dys). Dans la schizophrénie, le gène dys-1 fait le lien entre les changements des systèmes dopaminergique et glutamatergique. Les gènes COMT et dys interagissent et une réduction de l'expression de l'un d'eux génère des avantages pour la mémoire. En limitant l'expression de ces deux gènes, la capacité de mémoire diminue.

La modification de COMT permet de moduler l'attention, l'impulsivité, la réactivité au stress, la compulsivité, la souplesse et la motivation, en fonction du sexe et des facteurs environnementaux. La réduction génétique de la transcription COMT a amélioré l'attention sélective pour différentes catégories de perception, au détriment toutefois de l'apprentissage inverse.

Les chercheurs ont également pu prévoir les phénotypes chez les humains à l'aide de modèles murins. La réduction de l'enzyme COMT a été accompagnée d'un épaississement du cortex préfrontal (CPF) chez les hommes sains, mais pas chez les femmes. Le sexe a également influencé les effets sur le génotype des fonctions cognitives comme la mémoire de travail. De plus, l'interaction entre les gènes COMT-dys a affecté les comportements liés au CPF chez les humains.

La publication des résultats du projet SCHIZOGENES a donné lieu à des articles, des conférences et des affiches lors de rencontres nationales et internationales, ainsi que l'obtention de bourses pour les travaux à venir. De plus, la présentation de découvertes scientifiques lors de rencontres nationales et internationales a permis le partage avec d'autres laboratoires européens. Les travaux du projet ont ainsi contribué à l'Espace européen de la recherche (EER) et ont également renforcé le transfert de ressources et de connaissances devant être profitables pour la recherche neurophysiologique.

Les données du projet SCHIZOGENES ont été intégrées à une base de données reprenant les mécanismes génétiques sur les états psychiatriques, dont la schizophrénie. L'identification des groupes présentant un profil génétique pertinent favorisera la recherche de stratégies thérapeutiques plus efficaces.

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Mots-clés

Psychiatrie, schizophrénie, gène, anomalies cognitives, COMT, Dysbindine