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Mieux comprendre les premières migrations de l'Afrique vers l'Europe

Des chercheurs européens développent et affinent des moyens qui permettent de recréer et d'interpréter avec précision les premières migrations de l'homme de l'Afrique vers l'Europe.
Mieux comprendre les premières migrations de l'Afrique vers l'Europe
On pense que divers sites archéologiques de la péninsule ibérique permettent de répondre à des questions fondamentales concernant l'évolution humaine et les migrations en provenance de l'Afrique. Les chronologies existantes ne sont cependant pas encore assez sophistiquées pour pouvoir étayer des hypothèses bien définies sur l'âge de ces premières migrations. Trop ambigu, imprécis, mal décrit ou basé uniquement sur des méthodes de datation non numériques, le cadre chronologique actuel ne permet pas de tirer des conclusions solides sur les schémas migratoires des hominidés ou le ou les mécanismes qui sont à l'origine de ces migrations.

Dans ce contexte, l'équipe du projet ARCHOSL cherche à appliquer des techniques et des protocoles mis au point récemment dans le domaine de la datation par luminescence stimulée optiquement. Cette approche peut permettre d'obtenir des chronologies absolues solides sur les principaux sites archéologiques du Paléolithique inférieur en Europe occidentale.

Parmi les principaux objectifs du projet, citons la réalisation de nouvelles avancées méthodologiques et des améliorations concernant les protocoles les plus récents de datation par luminescence stimulée optiquement pour des grains uniques et plusieurs grains. Les progrès réalisés dans ce domaine permettront aux travailleurs de ce secteur de repousser la catégorie d'âge actuelle de la technique.

À ce jour, l'équipe du projet a réalisé des progrès concernant la collecte des échantillons de sédiments (68 au total) sur 11 sites archéologiques du nord et du sud de l'Espagne. Diverses techniques ont été appliquées pour les mesures associées aux sédiments prélevés. Cela a permis aux membres du projet ARCHOSL pour d'arriver à un certain nombre de résultats préliminaires qui sont essentiels à la progression des objectifs sous-jacents du projet. Par exemple, la majorité des échantillons de quartz qui ont été mesurés présentent des signaux de luminescence stimulée optiquement transférée thermiquement qui sont suffisamment clairs et blanchissent rapidement, et permettent d'estimer les doses d'enfouissement de grains individuels. La réussite de l'application de la datation par luminescence stimulée optiquement transférée thermiquement au niveau du grain unique a constitué un résultat révolutionnaire qui ouvre à la voie à l'application de cette technique à un éventail plus large de dépôts.

Certains résultats démontrent également la fiabilité de l'utilisation de méthodes de datation optique avec âge étendu sur des échantillons provenant de la région et mettent en évidence la possibilité d'obtenir des chronologies datant du pléistocène inférieur et moyen. Les chronologies obtenues dans le cadre de cette étude comptent parmi les plus anciennes qui ont été produites à ce jour en utilisant des techniques émergentes de luminescence.

Les travaux en cours du projet ARCHOSL permettront de contribuer à reconstituer l'émergence et l'expansion de l'espèce humaine en Europe occidentale, en plaçant l'Europe et l'Espagne en particulier à la pointe des recherches émergentes en géochronologie. Il contribuera également à l'amélioration des interprétations concernant la date et la manière dont les changements environnementaux passés ont influé sur les populations humaines et leur évolution.

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