Service Communautaire d'Information sur la Recherche et le Développement - CORDIS

Un robot sur roues pour surveiller la pousse du raisin

De la même façon qu'un grand vin a besoin de temps, des raisins de qualité demandent une attention continue et des outils d'évaluation fiables. Ayant remarqué l'absence d'alternative convaincante aux techniques manuelles d'échantillonnage et d'analyse, un consortium financé par l'UE a développé VineRobot, un 'véhicule terrestre sans pilote' (UGV) équipé d'une technologie de capteurs non invasive.
Un robot sur roues pour surveiller la pousse du raisin
Actuellement, pour évaluer la maturité du raisin en période de vendange, les vignerons doivent tester des centaines de grains avec leurs yeux pour seul outil.

Grâce à la technologie VINEyardROBOT de VINEROBOT, ils peuvent désormais espérer voir un jour leur travail facilité par un robot capable d'estimer le rendement futur de la vigne, surveiller la croissance des pieds, évaluer la teneur en eau et la composition des grains, tout cela sur un smartphone ou une tablette.

L'équipe VINEROBOT, qui en est à son second prototype, vient d'obtenir la prolongation du projet pour une durée de six mois afin de pouvoir achever ses travaux. Le Dr Javier Tardaguila, coordinateur du projet, présente les avantages de cette technologie et fait part de ses espoirs de réussite auprès de la communauté des producteurs de vin.

Quels sont les avantages de l'approche de VINEROBOT par rapport aux alternatives?

Récemment, différentes solutions de télédétection basées sur des plates-formes aériennes ou par satellite ont été renforcées par des fonctions d'acquisition simultanée d'informations spectrales dans les gammes visibles et infrarouges pour apporter des capacités d'évaluation de la vitalité et de l'état hydrique de la vigne. Toutefois, la faible résolution spatiale des appareils multispectraux, la disposition des vignes en rangées et non en champs, la souplesse météorologique limitée et le coût élevé de la surveillance aérienne sont autant d'inconvénients qui ont contraint les PME européennes à tirer un trait sur la télédétection.

VINEROBOT constitue une alternative prometteuse: tout en se déplaçant, le robot fournira des informations fiables de manière non-invasive grâce à des capteurs de proximité, sur différents types de sols et en utilisant un processus plus économique adapté à des vignobles très divers.

D'après vous, quels sont les aspects les plus novateurs du véhicule terrestre sans pilote de VINEROBOT?

Pour une viticulture durable, la capacité de prendre des décisions rationnelles exige de surveiller des paramètres clés de manière objective et continue en utilisant des technologies et capteurs avancés sur le terrain. Mais actuellement, aucun produit du commerce n'est capable de cartographier simultanément de manière mobile des paramètres essentiels tels que les données agronomiques, physiologiques et de composition du fruit. L'échantillonnage des données étant effectué manuellement, il a un coût élevé pour une faible résolution, et est généralement influencé par l'interprétation de la personne impliquée.

VINEROBOT a pour objectif de remédier à ce problème en concevant, développant et déployant un robot agricole sous la forme d'un véhicule terrestre sans pilote, et en l'équipant de plusieurs technologies non invasives pour surveiller par exemple la croissance des pieds, l'état nutritionnel et la composition du raisin. Notre but est d'optimiser la gestion du vignoble et d'améliorer la composition du raisin ainsi que la qualité du vin.

Quelles tâches ce robot peut-il effectuer?

Le VineRobot est équipé de capteurs avancés non invasifs et de systèmes d'intelligence artificielle qui apportent aux cultivateurs des informations fiables, rapides et objectives sur l'état des vignobles. Grâce à ces technologies, VineRobot pourra travailler, c'est-à-dire extraire des données agronomiques et physiologiques des vignes, de manière autonome et sûre sur de longues périodes dans les conditions environnementales incertaines typiques des vignobles.

La première version de VineRobot intègre un capteur de fluorescence permettant d'évaluer la teneur des feuilles en azote. La mesure étant effectuée pendant que le robot se déplace, elle apporte des informations sur l'hétérogénéité et l'état du vignoble.
L'autre capteur de VineRobot mesure la teneur en anthocyanes des raisins. Ce capteur combine capteur de fluorescence et système de vision fine pour collecter des informations sur la composition des grains de raisin.

Une seconde version de VineRobot est déjà prévue. Elle devrait intégrer deux capteurs supplémentaires: un pour évaluer le rendement, l'autre pour contrôler l'état hydrique du vignoble.

Quel est l'accueil du secteur jusqu'à présent?

Les viticulteurs auxquels VineRobot a été présenté ont fait part de leur vif intérêt, en particulier les jeunes (moins de 45 ans), car ils sont souvent plus ouverts aux nouvelles technologies.

Toutefois, à long terme, nous nous attendons à ce que leurs aînés envisagent eux aussi d'utiliser notre robot une fois qu'ils auront constaté les bons résultats obtenus dans d'autres vignobles.

Quels avantages concrets peuvent-ils espérer?

Le VineRobot travaille seul, sans qu'une présence humaine ne soit nécessaire. De plus, sa vitesse peut être réglée en fonction de la taille du vignoble afin qu'il puisse rassembler facilement et rapidement des informations sur l'ensemble du vignoble tout en fournissant des cartes utiles aux viticulteurs.

Ces cartes de paramètres du vin les aideront à traiter les vignes au mieux. Ils peuvent par exemple prévoir une vendange mécanique ou une fertilisation plus précise qui aura un impact énorme sur le rendement et la qualité du vin.

Quand prévoyez-vous de commercialiser vos solutions?

Nous sommes encore en phase de développement et de finalisation du VineRobot afin d'améliorer sa version la plus récente. Nous ne savons pas exactement quand elle sera prête mais nous pensons que le produit pourrait être mis sur le marché l'année prochaine.

VINEROBOT
Financé dans le cadre du programme FP7-ICT
site web du projet

Source: Entretien extrait du magazine research*eu consacré aux résultats, n°63 p.9-10

Informations connexes