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La Commission s'attaque au problème du dopage dans le sport

Attirer l'attention sur les dangers de l'usage de substances améliorant les performances et bannir les alcools forts et le tabac des clubs de sports ne sont que deux des mesures officielles que la Commission européenne veut recommander au Conseil des ministres.
En exposant aux...
Attirer l'attention sur les dangers de l'usage de substances améliorant les performances et bannir les alcools forts et le tabac des clubs de sports ne sont que deux des mesures officielles que la Commission européenne veut recommander au Conseil des ministres.
En exposant aux représentants de plusieurs organisations sportives prestigieuses (dont les Comités olympiques international et européen, les fédérations sportives européennes et les confédérations sportives nationales) les plans de prévention du dopage dans le sport élaborés par la Commission, le commissaire européen à la Santé et à la protection des consommateurs, M. David Byrne a déclaré:
"Il est inacceptable que le rôle et l'image extrêmement positifs du sport soient mis en danger. Se doper, c'est tricher. C'est l'inverse de tout ce qui est bon dans le sport. Nous prenons un risque énorme si nous ne nous y attaquons pas fermement et vite".
Le dopage dans le sport compromet son image "saine" et détruit la confiance du public, avertit le commissaire, suggérant que si le soutien et l'intérêt sont remplacés par la suspicion et l'apathie, les sponsors commerciaux s'enfuiront.
"Ce qui me préoccupe le plus dans le problème du dopage, c'est son impact sur la santé publique. En effet, pour chaque athlète de niveau olympique qui prend des substances pour améliorer ses performances, il y a des milliers d'amateurs qui font de même. La probabilité de trouver ces drogues dans les vestiaires de la salle de gym locale est bien plus grande que de la trouver dans les grands stades."
Le commissaire a préparé une proposition préliminaire - qui doit être adoptée officiellement par la Commission - en vue d'une recommandation du Conseil des ministres sur le dopage dans le sport amateur. Elle invitera les États membres à promouvoir le sport en tant que mode de vie sain et à attirer l'attention sur ses avantages et sur les conséquences négatives du dopage sur la santé et l'éthique.
En conséquence, la proposition recommandera aux États membres de développer chez les moniteurs et entraîneurs des compétences en matière de prévention et d'inclure la prévention du dopage dans l'éducation de base et la formation continue des professionnels de la santé. Elle appellera également les clubs et fédérations de sport, les écoles, les universités et les centres de santé communautaires à développer des programmes de prévention.
La proposition appellera également les États membres à:
- promouvoir la participation active des sportifs amateurs à travers l'éducation par les contacts entre personnes et l'attention portée à l'équipe sportive;
- informer les parents sur les risques du dopage et les encourager à favoriser chez leurs enfants les valeurs fondamentales de la bonne santé, du fair-play et de l'esprit d'équipe;
- intégrer la prévention du dopage, là où cela est approprié, dans la prévention de l'accoutumance à la drogue et dans les programmes éducatifs sur la santé;
- prendre des mesures adéquates pour éviter le surentraînement et la trop grande fréquence des compétitions, qui ne laissent pas de temps pour le repos et peuvent conduire au dopage dans le but de maintenir le niveau de performance;
- encourager les athlètes professionnels à donner le bon exemple en matière de refus du dopage dans le sport, notamment pour les jeunes générations.
La proposition nécessitera également des études, a indiqué le commissaire Byrne. Celles-ci comprendront la préparation d'un rapport sur la distribution et la prévalence du dopage parmi les sportifs amateurs et sur l'usage "non-sportif" des substances dopantes dans la Communauté dans son ensemble. Un autre rapport, en collaboration avec l'Agence européenne d'évaluation des produits médicaux, sera également nécessaire, a-t-il déclaré. Il concernera la législation sur la fourniture de produits médicaux dans les États membres et présentera des propositions de politiques visant à un meilleur contrôle de l'accès aux substances dopantes.
La Commission devra également:
- encourager la recherche sur l'efficacité et l'efficience des différentes stratégies et programmes visant à prévenir le dopage parmi les sportifs amateurs;
- formuler des lignes directrices pour la planification, la mise en oeuvre et l'évaluation des programmes et stratégies de prévention;
- soutenir et coordonner les échanges de programmes et activités de prévention parmi les professionnels et les centres de santé et de sport dans les États membres;
- envisager des mesures appropriées en matière de disponibilité de compléments alimentaires pouvant avoir un effet dopant;
- constituer un groupe d'experts sur la prévention du dopage dans le sport amateur pour conseiller la Commission sur le développement et la mise en oeuvre de la recommandation;
- dans trois ans, examiner les résultats de la recommandation afin de la mettre à jour et de préparer un rapport qui prendra en compte les rapports des États membres et les données et avis scientifiques les plus récents.
En outre, a déclaré M. Byrne, la proposition s'attaquera au problème de l'usage "non sportif" croissant de substances dopantes "à des fins cosmétiques, sexuelles ou d'image corporelle". Elle prendra aussi en compte les activités développées par d'autres organismes internationaux dans ce domaine, comme le Conseil de l'Europe, l'Organisation mondiale de la santé et la future Agence mondiale antidopage.
Les commentaires de M. Byrne sur la proscription du tabac et de l'alcool des clubs de sports traduisent sa conviction que les clubs et fédérations de sport ont un rôle à jouer en tant que "défenseurs de la santé".
Éliminer des événements sportifs toute publicité pour le tabac enverrait à la société un message clair d'engagement en faveur de la santé, a-t-il souligné. Il a appelé les mouvements sportifs à réfléchir aux moyens de promouvoir une campagne de sensibilisation et d'information visant à maintenir le sport à l'écart des substances améliorant les performances et des médicaments illégaux et à faire en sorte que les locaux sportifs soient des lieux sains.
"Tout en avançant ces idées, je suis parfaitement conscient que vous avez besoin de sponsors pour survivre, a-t-il déclaré. Mais, comme je l'ai déjà souligné, l'attraction qu'exerce le sport sur les sponsors et les annonceurs est étroitement liée à son image positive. Si cette image positive est renforcée, alors vous serez dans une position encore plus forte pour attirer de nouveaux sponsors".
L'intérêt de la Commission européenne pour ce domaine apparaît dans son Cinquième programme-cadre de RDT, qui soutient la recherche européenne d'intérêt public. Ses priorités concernent les effets du dopage sur la santé, les nouveaux moyens d'évaluer les substances améliorant les performances, la formation et l'information et la détection de la fraude. Ces axes de recherche sont financés dans le cadre des programmes thématiques Qualité de la vie et gestion des ressources du vivant, et Croissance compétitive et durable.

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