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Evaluer le traitement du SIDA

EuroSIDA est la plus vaste étude prospective multinationale sur le SIDA actuellement en cours. Son but principal consiste à comprendre comment le traitement affecte le pronostic et l'évolution de la maladie.



Contexte


Le traitement du SIDA a évolué ces dernières année...
EuroSIDA est la plus vaste étude prospective multinationale sur le SIDA actuellement en cours. Son but principal consiste à comprendre comment le traitement affecte le pronostic et l'évolution de la maladie.



Contexte


Le traitement du SIDA a évolué ces dernières années grâce à l'utilisation de combinaisons de médicaments anti-rétroviraux. Les essais cliniques fournissent de précieuses informations sur l'efficacité et la sécurité des médicaments. Cependant, ils sont généralement suivis pendant une courte période, et n'offrent donc aucune vue d'ensemble de la durée des effets thérapeutiques, de la toxicité des médicaments à long terme ou de l'émergence de résistances aux médicaments. Ils ne montrent pas comment des différences locales ou régionales dans le traitement peuvent influencer les résultats cliniques et ne révèlent pas non plus les réactions spécifiques de certaines catégories de patients (les drogués par voie intraveineuse sont exclus de tels essais, bien qu'ils représentent une large proportion des patients atteints du SIDA). Une approche complémentaire se matérialise dans le projet intitulé "EuroSIDA : déterminer les résultats cliniques à long terme" soutenu par le programme Biomed de la Commission européenne.




Information S&T sur le projet, impact et résultats


EuroSIDA est une étude prospective portant sur environ 8 500 patients atteints du SIDA et traités dans 60 hôpitaux situés dans 20 pays (Europe et Israël). Les données des patients sont recueillies lors de leur admission et des informations sont ensuite récoltées tous les 6 mois sur le nombre de cellules CD4, les charges virales, les dates de traitement, l'occurrence de maladies associées au SIDA, etc. Des échantillons de plasma sont répertoriés dans un dépôt central qui contient actuellement plus de 10 500 échantillons.



Le projet a permis d'accumuler l'expérience de quelque 17 500 année-personnes. L'apparition de la thérapie HAART ou thérapie anti-rétrovirale hautement active, est un fait important. Elle permet de stopper la réplication du virus du SIDA (VIH) par l'utilisation combinée de divers médicaments. L'étude EuroSIDA fait état d'une amélioration très nette du pronostic - une diminution du nombre de décès et du nombre d'infections opportunistes, grâce à une quantité plus élevée de cellules CD4 (les cellules CD4, cibles du VIH, sont des composants vitaux du système immunitaire). Des changements commencent à émerger dans le profil des maladies associées au SIDA. De façon inattendue, le lymphome malin n'a pas régressé; peut-être en raison de la lenteur de son développement. L'étude montrera si une diminution différée se produit. Mais des maladies considérées comme moins typiques du SIDA sont apparues : l'hépatite, peut-être masquée auparavant par des maladies plus agressives, est maintenant en déclin, de même que le diabète et les maladies cardio-vasculaires. Ceci résulte probablement des effets toxiques à long terme de la thérapie HAART.



Un contrôle continu est nécessaire pour interpréter ces découvertes et déterminer la durée des effets favorables. Un autre objectif consiste à trouver des marqueurs de bon ou de mauvais pronostic pour voir quels patients réagissent bien à la thérapie HAART. L'un de ces marqueurs est la numération des cellules CD4. Les patients dont la numération augmente risquent moins de contracter des infections opportunistes, comme la pneumocystose à Pneumocystis Carinii, ce qui permet d'arrêter la chimioprophylaxie en toute sécurité. Une question demeure en suspens : qu'arrivera-t-il aux patients chez lesquels la thérapie HAART échoue à supprimer totalement la charge virale (nombre de particules virales présentes dans le sang)?



Le répertoire central d'échantillons de plasma sert à étudier la résistance au traitement. Cette étude permettra peut-être d'améliorer les tests diagnostiques et de disposer d'une méthode pour déterminer le sous-type de VIH de tous les patients afin d'observer comment celui-ci affecte les résultats cliniques. Le projet surveillera aussi la résurgence inquiétante de VIH mutants et résistants aux multi-thérapies.




Structure du partenariat mis en place


EuroSIDA est le successeur du projet Biomed "SIDA en Europe". Dix ans après le début de cette aventure, de nouveaux partenaires ont rejoint ce réseau bien dirigé, efficace et productif. La découverte que la chimioprophylaxie PCP peut être interrompue en toute sécurité chez les patients dont la numération des cellules CD4 est en augmentation a même influencé les directives de traitement du SIDA aux Etats-Unis. Le réseau, qui présente des comptes rendus lors de toutes les conférences importantes sur le VIH, est aujourd'hui un outil puissant pour aborder toute nouvelle question relative au SIDA.

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