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Des scientifiques ralentissent l'évolution de la tremblante du mouton chez des souris

Dans le cadre d'expérimentations sur des souris, des chercheurs allemands ont réussi à ralentir la progression de la tremblante du mouton, une maladie neurodégénérative fatale.

Tout comme la maladie de Creutzfeld-Jakob (MCJ) et l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la ...
Des scientifiques ralentissent l'évolution de la tremblante du mouton chez des souris
Dans le cadre d'expérimentations sur des souris, des chercheurs allemands ont réussi à ralentir la progression de la tremblante du mouton, une maladie neurodégénérative fatale.

Tout comme la maladie de Creutzfeld-Jakob (MCJ) et l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la tremblante du mouton est une maladie à prion. Particules protéiniques, les prions sont présents dans l'organisme des personnes et des animaux sains. Ces prions normaux présentent une forme différente de ceux associés aux maladies. Toutefois, lorsque des prions normaux entrent en contact avec des prions pathogènes, ils changent de forme et deviennent eux-mêmes pathogènes. Une réaction en chaîne est ainsi déclenchée, de plus en plus de prions normaux devenant infectés. Ces prions pathogènes s'accumulent dans le tissu cérébral et l'endommagent.

Dans le cadre de leur étude, publiée dans le dernier numéro du Journal of Clinical Investigation, les chercheurs ont examiné la possibilité de mettre fin à la réaction en chaîne en stoppant la production de prions normaux.

Chez les souris, le prion normal est appelé PrP-C, tandis que le prion responsable de la tremblante du mouton est baptisé PrP-Scr. Afin de déterminer si l'arrêt de la production de PrP-C ralentirait la progression de la maladie, l'équipe a utilisé l'interférence ARN, une technique qui a valu à ses auteurs le prix Nobel 2006 de médecine.

Les petits ARN interférents (siARN) empêchent la production de protéines spécifiques en bloquant les gènes qui codent pour ces dernières. Les chercheurs allemands ont modifié les cellules du cerveau des souris de sorte qu'elles produisent des siARN qui bloquent la production des PrP-C. En culture cellulaire, la production de PrP-C a été réduite de 97 %. Le défi suivant a été de reproduire cette technique chez des souris atteintes de la tremblante.

«Pour que les cellules du cerveau produisent des siARN, il faut y introduire le gène correspondant», a expliqué le professeur Hans Kretschmar, directeur du centre de recherche sur les prions de l'université Louis-Maximilien de Munich. Toutefois, comme il est extrêmement difficile d'introduire le gène codant pour le siARN dans chaque cellule du cerveau, les chercheurs ont également cherché à déterminer combien de cellules devaient être en mesure de produire des siARN pour que le traitement soit efficace.

Ils ont découvert que les souris dont seules quelques cellules du cerveau produisaient des siARN sont mortes en moyenne quelques jours seulement après les souris non traitées. En revanche, les souris dont la majorité des cellules du cerveau étaient protégées ont vécu un maximum de 230 jours, soit un tiers de plus que les souris non traitées.

«Fondamentalement, les siARN semblent constituer une option thérapeutique prometteuse pour la tremblante du mouton, la MCJ ou l'ESB», a déclaré le professeur Alexander Pfeifer, directeur de l'institut de pharmacologie de l'université de Bonn. «Toutefois, il faudra attendre plusieurs années avant que la méthode puisse être utilisée sur des êtres humains.»

Source: Université de Bonn/Journal of Clinical Investigation

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Pays

  • Allemagne