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Des scientifiques découvrent des poussières de comète dans les neiges de l'Antarctique

Une équipe de chercheurs financés par l'UE vient de découvrir pour la première fois dans l'histoire des particules extraterrestres dans des couches de neige au centre de l'Antarctique. Ces travaux sont le fruit du projet ORIGINS («Elucidating the origins of Solar System(s): an...

Une équipe de chercheurs financés par l'UE vient de découvrir pour la première fois dans l'histoire des particules extraterrestres dans des couches de neige au centre de l'Antarctique. Ces travaux sont le fruit du projet ORIGINS («Elucidating the origins of Solar System(s): anatomy of primitive meteorites»), qui a reçu 2,6 millions d'euros au titre du programme Marie Curie du sixième programme-cadre (6e PC) de l'UE. L'objectif du projet est de renforcer notre compréhension des origines de notre système planétaire ainsi que des systèmes exoplanétaires environnants. Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Science. Ce sont des chercheurs du Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse (CSNSM) en France qui ont découvert les micrométéorites dans la neige. Le CSNSM fait partir de l'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). À l'aide de la microscopie électronique en transmission, l'équipe du CSNSM a découvert que ces micrométéorites extrêmement bien conservées étaient constitués de matière organique très peu altérée contenant de petits assemblages de minéraux provenant des régions les plus isolées et froides du système solaire. Les chercheurs du CSNSM, avec le soutien logistique de l'Institut polaire Paul-Émile Victor (IPEV) et du programme national italien de recherche sur l'Antarctique (PNRA), ont découvert ces nouvelles particules dans des couches de neige extrêmement propres, situées à environ quatre mètres de profondeur à proximité de la station scientifique franco-italienne Concordia, située dans le Dôme C dans le centre de l'Antarctique. Selon les scientifiques, les micrométéorites ultra-carbonées, dont la taille est d'environ 0,1 millimètre (mm) et qui contiennent entre 50 et 80% de matière carbonée, sont sans équivalent dans les collections de matière extraterrestre disponibles en laboratoire à ce jour. Grâce aux résultats de cette recherche intéressante, davantage de travaux ont été initiés impliquant le CSNSM, l'université de Lille 1, l'École normale supérieure de Paris et le Muséum national français d'histoire naturelle. Les analyses conduites par l'équipe du CSNSM par microsonde ionique ont révélé que la composition isotopique de l'hydrogène présentait des rapports deutérium/hydrogène (D/H) exceptionnellement élevés. «La poussière primitive interplanétaire contient des composants primitifs du système solaire, dont des minéraux et de la matière organique», expliquent les auteurs. «Nous avons retrouvé dans les neiges du centre de l'Antarctique des micrométéorites ultra-carbonées dont la matière organique contient des excès de deutérium extrêmes (10 à 30 fois les valeurs terrestres), et s'étendent sur des centaines de micromètres carré.» Les résultats montrent que les particules proviennent très probablement de comètes, de petits corps dans le système solaire. Le noyau d'une comète est composé de glace, de poussière et de particules de petites roches. Lorsqu'une comète se rapproche du Soleil, l'élévation des températures entraîne la sublimation massive des glaces et injecte dans l'espace interplanétaire un mélange de gaz et de grains cométaires. Certains grains de poussières croisent alors l'orbite terrestre en dérivant vers le Soleil où la plupart finissent leur course. Ce sont probablement quelques-uns de ces grains cométaires que les scientifiques ont découvert dans le centre de l'Antarctique. Dans leur article, les auteurs font remarquer que jusqu'à présent, seule la mission spatiale américaine Stardust avait permis aux chercheurs du monde entier de réaliser des analyses minéralogiques et géochimiques sur des grains cométaires. Les micrométéorites découvertes à Concordia présentent de nombreuses similarités aux échantillons de Stardust. «Les masses des particules s'étendent de quelques dixièmes de microgramme à quelques microgrammes, dépassant de loin l'ordre de grandeur des fragments de poussière provenant de la comète 81P/Wild2 et rapportés par la mission Stardust», concluent les auteurs.

Pays

France, Italie