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Des anticancéreux intelligents

Pour être efficaces, de nombreux médicaments nécessitent une administration intracellulaire. Une étude européenne a donc développé toute une série de nanomatériaux capables de transporter les molécules thérapeutiques anticancéreuses.
Des anticancéreux intelligents
La plupart des molécules, qu'elles soient à base d'ADN, des enzymes ou des antibiotiques doivent être transportées à l'intérieur de la cellule car elles ne peuvent pénétrer seules la membrane plasmatique. Il est par conséquent nécessaire de faciliter leur transport pour pouvoir les utiliser comme agents thérapeutiques. Ce résultat est obtenu en général grâce à des nanoparticules qui se fixent sur la molécule active puis la libèrent de manière contrôlée une fois à l'intérieur de la cellule.

Dans le cas du cancer, la perméabilité plus importante des vaisseaux tumoraux entraîne souvent une perte importante de ces molécules actives. L'encapsulation dans une nanoparticule permettrait à ces molécules d'accroître leurs chances d'atteindre leur cible.

Le système optimal de transport devra être biocompatible, non toxique et sensible à un stimulus déclencheur comme le pH par exemple, pour libérer sa cargaison thérapeutique. Le pH plus faible observé dans le micro-environnement des cellules cancéreuses confère en effet à la réceptivité au pH un atout important pour cibler les tumeurs.

Le projet POLYTRIGG à financement européen a été initié afin de développer une nouvelle génération de nanostructures capables de transporter efficacement les molécules actives jusqu'à leur cible cancéreuse. Les travaux du consortium se sont plus particulièrement axés sur la famille des polyoxazolines (POXA) des molécules proches du polyéthylène glycol, une substance couramment utilisée. L'avantage des POXA réside essentiellement dans leurs capacités à changer leurs propriétés hydrophobes ou hydrophiles en fonction du milieu.

Au cours du projet, plusieurs des nanoparticules synthétisées par les partenaires ont montré une excellente viabilité cellulaire et de bonnes capacités de libération de la doxorubicine anticancéreuse lors de l'affaiblissement du pH de 7,4 à 5,5. Ces particules ont par ailleurs montré une bonne activité d'échappement endosomal indiquant un ciblage intracellulaire efficace.

Au total, les résultats du projet nous offrent un outil prometteur pour le transport et l'administration intracellulaire des molécules anticancéreuses. La chimie de surface très flexible des polymères générés par les chercheurs pourra ainsi être utilisée pour modifier les propriétés et donc la cible de ces transporteurs moléculaires.

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Mots-clés

Médicaments anticancéreux, transport intracellulaire, nanomatériaux, cancer, pH faible