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CHILDGROWTH2CANCER — Résultat en bref

Project ID: 281419
Financé au titre de: FP7-IDEAS-ERC
Pays: Danemark
Domaine: Santé

Une étude révèle que l'obésité chez l'enfant augmente le risque de développer au moins six formes de cancer

Le fait que l'obésité chez l'enfant augmente le risque de cancer du sein est désormais établi. Toutefois, pour les autres types de cancer l'influence de l'indice de masse corporelle (IMC) reste inconnue. Les études sont très rares, espacées et insuffisamment représentatives pour qu'il soit possible de tirer des conclusions fiables. Le professeur Jennifer Lyn Baker est parvenue à combler cette lacune.
Une étude révèle que l'obésité chez l'enfant augmente le risque de développer au moins six formes de cancer
Avant qu'elle ne lance le projet CHILDGROWTH2CANCER, les chercheurs avaient des difficultés à constituer des cohortes suffisamment importantes pour produire des résultats pour les cancers autres que le cancer du sein, et pouvoir les généraliser à tous. «Ce n'est pas que les chercheurs n'étaient pas intéressés par les autres formes de cancer, mais plutôt qu'ils disposaient déjà des données nécessaires pour réaliser des études en raison de la précocité croissante de son apparition et du nombre très important de cas», explique-t-elle.

Le professeur Baker disposait justement de tous les outils requis pour pallier cette lacune. Cherchant à étendre ses travaux sur les maladies cardiaques et d'autres pathologies, elle a créé CHILDGROWTH2CANCER dans le but de faire progresser ce domaine de recherche en s'appuyant sur les avancées réalisées en modélisation et théorie statistique et sur les données qu'elle utilisait déjà depuis plus de 6 ans.

«Dans l'idéal, j'avais besoin de cohortes constituées d'un grand nombre d'individus dont je connaissais la taille et le poids pendant l'enfance, avec une longue période de suivi. Je devais aussi pouvoir retrouver ces enfants plus tard à l'âge adulte avec une perte minimale de suivi», explique le professeur Baker.

Les cohortes remplissant tous ces critères étaient très rares, mais c'était pourtant le cas du Copenhagen School Health Records Register, une base de données électronique indiquant la taille et le poids de 372 636 enfants nés entre 1930 et 1989 et scolarisés à Copenhague. En examinant ces données, elle a remarqué que l'indice de masse corporelle et la taille pendant l'enfance pouvaient être associés à de nombreuses formes de cancer développées à l'âge adulte; que les mensurations et la croissance pendant l'enfance peuvent être liées au cancer chez l'adulte par d'autres voies que celle de la taille du corps adulte; et que les risques associés à de nombreuses formes de cancer commencent à des valeurs d'IMC largement inférieures aux définitions actuellement associées au surpoids et à l'obésité infantiles. Autrement dit, pour ce qui est du risque de cancer, les définitions courantes de «surpoids» ou d'«obésité» sont trop laxistes.

«Étant donné qu'environ 25 à 30 % des jeunes Européens sont en surpoids ou obèses, nos résultats suggèrent que trop d'enfants sont exposés à un risque important de développer un jour de nombreuses formes de cancer. Nos résultats montrent également que la taille a un impact sur le risque de cancer. Bien que l'on ne puisse pas agir sur la taille, celle-ci peut servir aux individus à évaluer leurs propres risques et à changer leurs comportements pour limiter le danger encouru», déclare le professeur Baker.

Avec ces résultats, le professeur Baker apporte des preuves qui confortent le sentiment général selon lequel la taille du corps est importante pour de nombreuses formes de cancer. «Je pense que nos travaux permettent d'envisager que de nombreuses formes de cancer trouvent leur origine plus tôt au cours de la vie que l'on ne le soupçonnait. J'ai l'espoir que nos résultats déboucheront sur des analyses des gènes et à des études mécanistiques qui permettront de déterminer les processus qui contribuent aux risques que nous avons observés», déclare-t-elle.

Bien que le projet soit terminé, le professeur Baker indique qu'elle continuera de travailler dans ce domaine: «Nous avons étudié 13 formes de cancer en détail, mais il y en a encore plus de 200 et il reste encore beaucoup à faire», explique-t-elle. Outre la poursuite d'études basées sur les résultats du projet, elle prévoit également de participer à des projets visant à examiner comment l'évolution du poids de l'enfance à l'âge adulte est associée à un large éventail de maladie non transmissibles.

Mots-clés

CHILDGROWTH2CANCER, obésité, cancer, cancer du sein, surpoids, enfants, taille