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La méthylation de l'ADN prédit le risque de cancer

La méthylation de l'ADN est un moyen bien établi de régulation de l'expression génique. Les chercheurs européens ont découvert que la méthylation de l'ADN pouvait prédire le déclenchement et la progression du cancer.
La méthylation de l'ADN prédit le risque de cancer
La méthylation de l'ADN fait référence à l'ajout covalent d'un groupe méthyle au carbone 5 de l'anneau de cytosine. La méthylation se produit dans des zones de l'ADN qui sont riches en dinucléotides de guanine cytosine appelés îles CpG. La méthylation des CpG situées dans le promoteur des gènes est impliquée dans la régulation de l'expression génique, tandis que la majorité de la cytosine méthylée réside dans des éléments répétitifs transposables (éléments longs et courts intercalés).

L'hypométhylation a été associée à une stabilité chromosomique réduite et à une fonction du génome réduite. De même, les modifications épigénétiques peuvent augmenter le risque de certaines maladies comme le cancer du sein. Le projet METHYLBRECA (Study on methylation as risk and prognostic factor for breast cancer), financé par l'UE, a voulu étudier le rôle de la méthylation de l'ADN comme un facteur diagnostic et pronostic du cancer du sein.

Les chercheurs ont effectué une méthylation sur le génome de l'ADN extrait d'une tumeur fixée au formol et incluse dans la paraffine (FFIP). Cela s'est avéré assez difficile puisque l'ADN extrait d'échantillons de FFIP est souvent de faible qualité et très dégradé par rapport à celui extrait du sang. L'analyse des échantillons de l'étude de cohorte collaborative de Melbourne a conduit à l'identification d'un profil de méthylation différentiel entre les échantillons de tumeur et les tissus de sein normaux adjacents.

La même approche a été appliquée à d'autres types de cancer et dans le cancer du poumon notamment. Les scientifiques ont réalisé une analyse de la méthylation de l'ADN sur tout le génome et ont identifié deux lieux dans les gènes AHRR et F2RL3 dont les niveaux de méthylation sont fortement associés au risque de cancer du poumon. Fait intéressant, ces deux lieux semblaient atténuer en partie l'effet du tabagisme sur le risque de cancer du poumon. En outre, la méthylation de quatre autres lieux génomiques différents était inversement associée au risque de cancer du poumon.

La méthylation de cinq des CpG identifiés était la plus faible chez les fumeurs actuels et a augmenté chez les anciens fumeurs, soutenant clairement la preuve croissante que fumer peut entraîner des changements de méthylation de l'ADN. En plus d'améliorer les connaissances sur la biologie du cancer, ces constatations ouvrent de nouvelles avenues pour la prévention, la détection précoce et le traitement du cancer.

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Thèmes

Life Sciences

Mots-clés

Méthylation de l'ADN, cancer, METHYLBRECA, AHRR, F2RL3