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L’analyse de l’enzyme du paludisme pourrait mener à de nouvelles thérapies

D’après les chercheurs financés par l’UE, les outils chimiques pouvant aider les chercheurs à identifier et analyser le comportement enzymatique des parasites du paludisme pourraient accélérer la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques.
L’analyse de l’enzyme du paludisme pourrait mener à de nouvelles thérapies
Le projet MALARIA TARGETS ID a appliqué des outils chimiques aux parasites du paludisme pour aider les chercheurs à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques possibles. Ces outils ont permis d’identifier les cibles potentielles de petites molécules à activité antiparasitaire, ainsi que le premier profil comportemental de certaines familles enzymatiques pendant tout le cycle de vie du parasite.

Ces résultats permettront aux scientifiques de comprendre le rôle de ces enzymes dans le développement du parasite, ce qui pourrait conduire à de nouveaux programmes de développement de médicaments antipaludéens.

«Nous sommes proches de l’étape de validation de certaines de ces enzymes en tant que cibles antipaludéennes, et nous parlerons à l’industrie pharmaceutique de la possibilité de développer des molécules à propriété pharmacologique agissant par inhibition», explique le coordonnateur du projet MALARIA TAGETS ID, le Dr Edgar Deu de l’institut Francis Crick basé au Royaume-Uni. «L’étape suivante consistera à faire le suivi biologique, afin de comprendre exactement ce que font ces enzymes.»

Lutter contre la résistance

Le paludisme est l’une des maladies infectieuses les plus dévastatrices et qui tue près d’un demi-million de personnes chaque année. La résistance généralisée du parasite du paludisme à la plupart des médicaments de première ligne et l’émergence rapide de la résistance contre les nouvelles thérapies ont rendu très urgente la validation de nouvelles cibles pharmaceutiques.

«La pharmacorésistance est le principal défi auquel sont confrontés les chercheurs et l’industrie pharmaceutique», déclare le Dr Deu. «Il est toujours difficile de développer et de mettre sur le marché de nouveaux médicaments avant que le parasite ne développe une résistance aux traitements actuels, et il ne faut que quelques années pour que cette résistance se répande dans les zones endémiques du monde entier.»

Pour relever ce défi, la thérapie combinatoire est devenue la norme en matière de traitement du paludisme parce qu’il est plus difficile pour le parasite de développer une résistante à plusieurs médicaments. «Le problème maintenant est qu’il n’existe pas autant de nouveaux médicaments à associer en une nouvelle thérapie combinatoire», explique le Dr Deu. «Les traitements actuels associent habituellement un nouveau médicament à un ancien, ce qui n’est pas idéal étant donné que certains parasites pourraient déjà avoir développé une résistance à l’ancien médicament. La gamme de produits pharmaceutiques est bien meilleure qu’il y a 20 ans, mais il y a encore de nombreux défis à relever.»

Les enzymes en action

L’industrie pharmaceutique a examiné des millions de composés à la recherche d’activité antiparasitaire, dont quelques-uns seulement feront l’objet d’un éventuel développement. Le projet MALARIA TARGETS ID a cherché à tirer parti de ces travaux en associant des sondes chimiques à une bibliothèque de 400 composés antipaludéens prometteurs. Les sondes chimiques utilisées dans le cadre du projet sont de petites molécules qui se lient à des enzymes spécifiques et peuvent être appliquées à n’importe quel type de cellule.

«Ces sondes s’attachent à tous les membres d’une famille d’enzymes et les marquent d’une étiquette fluorescente, aidant ainsi les chercheurs à visualiser simultanément l’activité de dizaines d’enzymes», explique le Dr Deu. «Cela permet alors aux chercheurs de déterminer si l’une de ces enzymes est inhibée lorsqu’un composé spécifique est appliqué, au lieu d’avoir à effectuer un test pour chacune des enzymes.»

Le projet a également essayé des sondes chimiques afin de mieux comprendre le génome du parasite du paludisme lui-même. «Aucune fonction putative n’a été attribuée à environ 50 % des gènes du parasite du paludisme, car leurs séquences sont trop différentes de celle des gènes connus d’autres organismes», précise le Dr Deu. «Cependant, il est très probable que certains de ces gènes constituent d’excellentes cibles antipaludéennes. Notre approche de la biologie chimique nous a permis d’annoter la fonction enzymatique de certains de ces gènes, ce qui représente la première étape pour essayer de comprendre leur rôle dans le développement du parasite.»

Le projet MALARIA TARGETS ID qui devrait être achevé en août 2018 fournira une ressource utile aux scientifiques intéressés par l’identification d’enzymes cibles viables pour de nouvelles thérapies. Peu d’articles universitaires ont été publiés sur ce sujet et le Dr Deu s’attend à ce que le rapport final du projet constitue l’analyse la plus complète de ces familles enzymatiques à ce jour.

Thèmes

Life Sciences

Mots-clés

MALARIA TARGETS ID, paludisme, moustique, maladie, enzymes, résistance, médicaments, parasite, immunitaire, chimique