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H2020

GLDAFRICA — Résultat en bref

Project ID: 659152
Financé au titre de: H2020-EU.1.3.2.
Pays: Royaume-Uni
Domaine: Recherche fondamentale, Changement climatique et Environnement

Les plantes forestières dans les conditions extrêmes de l’Afrique tropicale

L’ouest de l’Afrique centrale dispose de la plus riche biodiversité de l’Afrique tropicale. Cette région fait également face non seulement aux défis du changement climatique, mais aussi à l’un des taux de croissance démographique les plus élevés au monde.
Les plantes forestières dans les conditions extrêmes de l’Afrique tropicale
Les forêts tropicales humides représentent l’un des habitats les plus diversifiés de la planète sur le plan biologique, mais nous sommes encore loin d’avoir décrit toute sa faune et sa flore et d’avoir compris leur évolution. Étant donné leur richesse en ressources durables, y compris en potentiels produits pharmaceutiques, nourriture et bois, il est de plus en plus nécessaire d’évaluer les changements qui affectent sa biodiversité.

Le projet GLDAFRICA a choisi d’étudier une sous-famille des légumineuses, les Detarioideae, afin d’examiner les caractéristiques géographiques de la diversité des espèces. «En utilisant le séquençage de prochaine génération, nous voulons identifier les hauts lieux de la diversité évolutive ainsi que les récents évènements de spéciation dans l’ouest de l’Afrique centrale», souligne le Dr Felix Forest, coordinateur du projet.

Construire les branches pour parvenir à l’arbre

Pour extraire les bonnes séquences d’ADN à partir de quelques marqueurs de plaste, l’équipe a recouru à des méthodes standard afin de reconstruire les relations évolutives ou phylogénétiques entre les membres du groupe. «Nous avons alors utilisé l’arbre auquel nous avions abouti pour examiner les caractéristiques biogéographiques et les modifications du biome au sein de cette sous-famille», poursuit le Dr Forest. Les biomes sont plus larges que les habitats. Il s’agit de communautés qui se sont adaptées en réponse à un climat physique commun.

L’étape suivante consistait à rassembler davantage de données de séquences d’ADN, ce qui devrait aboutir à un arbre phylogénétique plus détaillé. Le boursier du projet GLDAFRICA, le Dr Manuel de la Estrella, a mis au point une approche ciblée d’enrichissement qui permet de créer un arbre plus abouti avec davantage de relations évolutives détaillées. «Le résultat nous a permis de séquencer quelques centaines de marqueurs à partir du noyau. Des analyses sont en cours et le nouvel arbre devrait être prêt dans les prochains mois», nous informe le Dr Forest.

Jusqu’à présent, le travail a servi d’élément de preuve pour établir une nouvelle classification dans la sous-famille des légumineuses. «Le groupe des Detarieae a récemment été reclassé au niveau de sous-famille et est désormais appelé sous-famille des Detarioideae», explique le Dr Forest. «D’autres analyses modifieront certainement la manière dont nous considérons l’évolution de cet important groupe de plantes ouest-africaines.»

S’intéresser à l’évaluation de la conservation à l’avenir et aux menaces contre les espèces

Les évaluations de conservation de l’Union internationale pour la conservation de la Nature (IUCN) représentent une autre source, et «elles seront utilisées pour produire une liste EDGE [Evolutionarily Distinct and Globally Endangered] des espèces distinctes évolutives les plus menacées du groupe des Detarioideae», déclare le Dr Forest.

L’utilisation des données peut être étendue aux prédictions pour savoir où les espèces se retrouveront dans l’arbre selon les différents scénarios liés au changement climatique. «Lorsque tous les travaux préliminaires seront terminés, nous nous servirons de la modélisation des espèces et des prédictions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour examiner le destin des espèces à l’avenir.»

La quantité de données produites dépasse largement nos attentes initiales pour le projet et l’équipe les analyse toujours pour parvenir aux résultats finaux puis à la publication. Deux articles ont déjà été publiés sur l’évolution des Detarioideae: le premier à l’adresse New Phytologist, et le second à l’adresse International Journal of Plant Sciences.

«GLDAFRICA s’est intéressé à la sous-famille des Detarioideae de l’ouest de l’Afrique. La prochaine étape consiste à étendre cette étude aux espèces néotropicales. Nous avons déjà obtenu un financement pilote pour étudier sa faisabilité et elle s’annonce très prometteuse», conclut le Dr Forest.

L’arbre phylogénétique issu de la recherche de GLDAFRICA sera le plus complet pour un groupe aussi large de légumineuses. Étant donné l’importance éco-économique de ce groupe dans les forêts tropicales ouest-africaines, il servira de base pour de nombreuses études évolutives qui s’intéresseront à l’évolution et à l’écologie de ces incroyables écosystèmes.

Mots-clés

GLDAFRICA, forêt, évolution, Detarioideae, diversité, légumineuse, ouest de l’Afrique centrale, arbre phylogénétique