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H2020

BoVLP-BVD — Résultat en bref

Project ID: 774994
Pays: Espagne
Domaine: Santé, Recherche fondamentale, Agriculture et Sylviculture

Une nouvelle technologie pour de meilleurs vaccins pour le bétail

L’utilisation excessive d’antibiotiques en médecine vétérinaire et dans l’agriculture a incité les autorités de l’UE à se tourner vers la vaccination pour lutter contre les maladies qui affectent le bétail. Pour se conformer à cette directive européenne, une étude financée par l’UE a mis au point un nouveau vaccin contre la diarrhée virale bovine (BVD), une maladie courante chez le bétail.
Une nouvelle technologie pour de meilleurs vaccins pour le bétail
Le virus de la BVD (BVDV) nuit à la productivité et à la reproduction du troupeau. Le manque de mesures pour éradiquer systématiquement le BVDV a fait de la BVD une maladie endémique à laquelle près de 50 % du bétail est exposé. Les symptômes cliniques variables ou indétectables couplés à la variation génétique du virus, aux infections persistantes, et au tropisme viral des cellules immunitaires représentent un défi considérable pour les stratégies de contrôle de la maladie.

La vaccination peut empêcher efficacement les infections systémiques aiguës et augmenter l’efficacité de la reproduction en protégeant le fœtus. Bien que les vaccins vivants atténués soient disponibles depuis plus de 50 ans, l’impact de la BVD reste élevé, ce qui renforce le besoin d’améliorer les vaccins. Le projet BoVLP-BVD financé par l'UE a proposé de développer un nouveau vaccin recombinant recourant à la technologie brevetée des pseudoparticules virales (PPV). Pour être efficace, ce vaccin doit être à large spectre, rentable et sans risque.

La technologie PPV

«Les PPV sont des structures vides dépourvues d’ADN et qui ne comportent donc aucun risque de réplication du virus. Toutefois, elles imitent les véritables virus en entraînant une immunoréaction», explique le Dr Luis Ruiz, coordinateur du projet. En se basant sur les antigènes associés aux pathologies des PPV, des nanoparticules chimériques capables de susciter des réponses humorales ou cellulaires pourraient être générées.

«Une caractéristique importante de la technologie est que le vaccin est marqué, ce qui permet donc de distinguer les animaux ayant été vaccinés de ceux qui ont été infectés. En tant que tel, c’est un instrument idéal pour gérer les maladies du bétail dans des campagnes territoriales», poursuit le Dr Ruiz. Du point de vue de sa fabrication, il est rentable et sans risque car il ne contient pas de virus vivant.

Plus important, la technologie des PPV pourrait être utilisée pour développer des vaccins humains. En plus de l’absence d’effets indésirables potentiels, les vaccins à PPV offrent une flexibilité élevée; ils peuvent être enrichis en utilisant une variété de déterminants antigéniques, et également être combinés dans des formulations présentant différents antigènes (cellulaires, humoraux ou les deux).

La prochaine étape du vaccin contre la BVD

Les partenaires du BoVLP-BVD ont confirmé la faisabilité commerciale du vaccin, en définissant précisément le profil de produit cible et en étudiant systématiquement son potentiel commercial et son coût. Ils ont examiné différents peptides dérivés des protéines du BVDV, et identifié des antigènes très puissants pour les vaccins contre la BVD afin de proposer une protection potentielle en adoptant une approche très différente des vaccins actuels.

Les chercheurs travaillent pour créer un prototype testable qui respecte les exigences réglementaires et qui sera dans un premier temps étudié chez des veaux en bonne santé pour confirmer les réponses sérologiques contre les antigènes sélectionnés. La prochaine étape consistera à utiliser les bons modèles expérimentaux d’infection afin d’évaluer l’efficacité et la sûreté du vaccin dans des conditions contrôlées et accroître la production.

Étant donné la performance réduite du bétail et les pertes financières engendrées par la BVD, l’impact du vaccin dans les pays où le BVDV est endémique devrait s’élever à plusieurs centaines de millions d’euros. Plus important, il apportera sur le marché un outil pour gérer différentes maladies sans recourir aux antibiotiques, minimisant ainsi la résistance aux médicaments, un problème sanitaire actuel majeur.

Mots-clés

BoVLP-BVD, vaccin, diarrhée virale bovine (BVD), pseudoparticule virale (PPV), antigène