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H2020

MelonMixVir — Résultat en bref

Project ID: 657527
Financé au titre de: H2020-EU.1.3.2.
Pays: Espagne
Domaine: Agriculture et Sylviculture, Environnement

Pour une zone de production de melons sans insectes

De nouvelles recherches pourraient aider à combattre les virus menaçant la qualité et la viabilité économique du commerce lucratif de melons en Europe. Les résultats offrent un point de départ pour la lutte contre les virus en informant les agriculteurs sur les risques de maladie virale et en soulignant la nécessité de poursuivre les recherches.
Pour une zone de production de melons sans insectes
Une étude conçue pour comprendre la menace que représentent les virus mixtes pour la production de melons a fourni de nouvelles informations aux producteurs de melons leur permettant de réduire les dommages viraux sur leurs cultures. Même si le coordinateur du projet indique qu’il est encore trop tôt pour suggérer de nouvelles recommandations générales aux producteurs de melons sur la base de ces recherches, le projet a déjà réalisé une première analyse en profondeur des risques associés.

L’initiative MelonMixVir, financée par l’UE, a étudié les effets doubles du virus de la mosaïque de la pastèque (WMV) et du virus du jaunissement et du nanisme des cucurbitacées (CYSDV) sur la productivité des melons. MelonMixVir a reconnu que si les virus pathogènes étaient collectivement responsables des pertes économiques dans le monde entier, les études existantes se concentraient uniquement sur quelques virus précis. «Cette information devrait certainement être intégrée dans la prise de décision future sur cette question», déclare le Dr Juan Jose Lopez-Moya, du Centre de recherche en génomique agricole (CRAG) de Barcelone.

À des fins de comparaison, les chercheurs ont utilisé des témoins non infectés ainsi que des échantillons infectés par un seul des deux virus, par opposition à ceux infectés par deux virus.

Les résultats seront bientôt publiés sous forme d’articles scientifiques, mais le Dr Lopez-Moya a révélé que leurs observations les plus intéressantes au cours de cette étude provenaient des plantes infectées par les deux virus. «Initialement, les virus présentaient ce que l’on appelle des effets synergiques, avec la présence de CYSDV exacerbant les symptômes du WMV. Cependant, après cette poussée initiale de maladie grave, les plantes ont commencé à se rétablir et à retrouver une croissance et une vigueur modérées, une situation que l’on peut qualifier d’antagonisme», explique-t-il.

Ce qui était clair, c’est que des expériences de suivi étaient nécessaires, à différents moments du cycle, pour comprendre pleinement les interactions complexes entre les deux virus. D’après le Dr Lopez-Moya, ces résultats ont cependant apporté une importante leçon pour les travaux à venir, qui devraient impliquer d’autres pathogènes et tenir compte des conditions de stress pertinentes.

Dans les melons, des graines exemptes de virus sont utilisées chaque saison en Europe et l’infection virale provient des insectes vecteurs pendant la saison de croissance. À la lumière de ce fait, les chercheurs ont également examiné les risques posés par les insectes porteurs naturels d’infection – WMV par les pucerons, et CYSDV par les aleurodes. «Nos observations suggèrent des taux de transmission inférieurs et supérieurs respectivement pour CYSDV et WMV dans le cas d’infections mixtes, bien qu’il s’agisse du contraire pour les accumulations de virus (haut et bas) dans chaque cas», précise le Dr Lopez-Moya.

Les travaux ont été menés en collaboration avec la société semencière privée Semillas Fitó pour mettre la recherche en pratique et les chercheurs ont été tenus informés tout au long du projet sur les épidémies virales dans les principales régions productrices de melons d’Europe. La société a également aidé les chercheurs à sensibiliser les agriculteurs de la région d’Almería, une importante zone agricole du sud de l’Espagne.

Idéalement, ce qui est nécessaire pour l’avenir, c’est un consortium réunissant des experts sur différents pathogènes, la génétique des plantes cultivées et les insectes vecteurs, pour travailler à des projets plus ambitieux. Le Dr Lopez-Moya conclut: «Pour l’instant, nos données seront communiquées aux producteurs et aux parties prenantes pour stimuler la production de melons plus sains en réduisant les risques liés à ces deux virus.

En fin de compte, dit Lopez-Moya, le bénéfice le plus significatif de leurs résultats a été d’aider à sensibiliser les agriculteurs sur les complexités associées aux infections virales mixtes. «Plus largement, nous aidons à sensibiliser les gens aux problèmes potentiels causés par les infections virales mixtes, ainsi qu’à la nécessité de meilleures pratiques de gestion pour limiter les conséquences négatives.»

Mots-clés

MelonMixVir, virus mixtes, melon, virus de la mosaïque de la pastèque (WMV), virus du jaunissement et du nanisme des cucurbitacées (CYSDV)