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H2020

VOLES — Résultat en bref

Project ID: 660718
Financé au titre de: H2020-EU.1.3.2.
Pays: France
Domaine: Recherche fondamentale, Agriculture et Sylviculture, Environnement

L’impact des rodenticides sur les populations de prédateurs et de campagnols

Les campagnols et autres petits mammifères jouent le rôle d’«espèces clés», étant donné qu’ils peuvent atteindre une densité de population tellement élevée qu’ils deviennent fréquemment les proies des prédateurs. Malgré leur importance pour la préservation de l’écosystème, les agriculteurs les considèrent généralement comme des organismes nuisibles en raison des dommages qu’ils causent aux prairies.
L’impact des rodenticides sur les populations de prédateurs et de campagnols
De nombreux agriculteurs, dont les cultures et prairies sont endommagées par les grandes populations de campagnols, tentent de les contrôler en utilisant de la bromadiolone, un produit chimique qui inhibe la coagulation de leur sang. Les petits mustélidés comme les hermines et les belettes sont souvent considérés comme les prédateurs spécialistes des campagnols. En mangeant leurs proies affectées par le traitement à la bromadiolone, ils peuvent s’exposer aux effets du rodenticide anticoagulant (RA).

Le projet VOLES financé par l’UE a étudié le rôle du RA en tant que «super-prédateur» qui élimine tant la population des campagnols que celle de leurs prédateurs par son transfert dans la chaîne alimentaire.

Modélisation des «super-prédateurs»

La société se sent de plus en plus concernée par l’utilisation des pesticides en raison de leurs effets négatifs sur la biodiversité et la santé publique. «Le contrôle des campagnols par l’utilisation de la bromadiolone réduit la quantité de nourriture disponible pour les prédateurs et augmente leur risque d’empoisonnement indirect lorsqu’ils se nourrissent de rongeurs contaminés», affirme le Dr Javier Fernandez de Simon, chercheur dans le cadre du projet.

Cependant, cette forme de contrôle pourrait entraîner une pullulation répétitive des campagnols et le besoin continu d’application des RA à cette population. Elle pourrait également engendrer des coûts de production plus élevés, en réduisant ainsi les bénéfices des agriculteurs.

Une étude de modélisation a démontré que les RA peuvent se comporter comme des «super-prédateurs» lorsque le traitement est réalisé sur des populations de campagnols à faible densité (environ 50 campagnols par hectare). Mais si les rodenticides sont appliqués sur des populations de campagnols à densité moyenne (environ 250 campagnols par hectare) et en faibles quantités, les petites populations de mustélidés pourraient croître et finalement réguler la population des campagnols. Ainsi, la densité des populations de renards pourrait augmenter, étant donné qu’il n’y aurait plus d’empoisonnement. «Ce protocole de traitement pourrait réduire l’influence des rodenticides sur le nombre de prédateurs, tout en maintenant des densités de population des campagnols relativement basses, bénéficiant ainsi aux agriculteurs», remarque le Dr Fernandez de Simon.

Réduction des populations de campagnols et de leurs prédateurs

Les données des travaux sur le terrain tirées du repérage des traces dans les tunnels correspondent aux résultats de la modélisation et indiquent une réduction considérable du nombre d’hermines et de belettes sur les sites où les RA ont été utilisés entre le printemps et l’automne. En revanche, le nombre de ces prédateurs n’a pas fortement changé dans les zones non traitées. «Comme les petits mustélidés peuvent se nourrir de campagnols morts, et que nous n’avons trouvé des résidus de rodenticide que dans les déjections des campagnols et des petits mustélidés sur les sites traités, nous avons conclu que l’application de rodenticides anticoagulants dans les prairies peut en général réduire la grande quantité de petits mustélidés», soutient le Dr Fernandez de Simon. Des baisses de population semblables ont été auparavant observées chez les renards roux, ce qui nous laisse supposer que les RA jouent le rôle de «super-prédateurs».

Les conclusions du projet VOLES représentent une avancée dans la compréhension du transfert de la bromadiolone et de ses effets à long terme, ce qui a permis aux scientifiques de concevoir de meilleurs protocoles pour l’orientation des décisions en matière de gestion et de préservation. De plus, les résultats sur le terrain concernant les prédateurs ont fourni des informations cruciales sur l’impact des RA sur les populations, dans le contexte européen. Dans l’ensemble, de nouvelles observations importantes sur l’impact du contrôle chimique des animaux nuisibles sur les écosystèmes et la biodiversité ont été réalisées.

Mots-clés

VOLES, prédateur, rodenticide anticoagulant (RA), mustélidés, renards