Service Communautaire d'Information sur la Recherche et le Développement - CORDIS

H2020

EURO-CARES — Résultat en bref

Project ID: 640190
Financé au titre de: H2020-EU.2.1.6.1.
Pays: Royaume-Uni
Domaine: Espace

Le projet de développement d’une infrastructure de pointe pour accueillir les échantillons extraterrestres en Europe a fait un pas en avant

L’Europe possède une longue tradition en matière de conservation et de recherche de matériaux extraterrestres précieux. Alors que l’exploration continue de s’accélérer, il apparait nécessaire de mettre en place une infrastructure de conservation des échantillons européens (ESCF, European Sample Curation Facility) destinée à réceptionner et à conserver les spécimens collectés.
Le projet de développement d’une infrastructure de pointe pour accueillir les échantillons extraterrestres en Europe a fait un pas en avant
Les missions de prélèvement d’échantillons extraterrestres sont conçues pour visiter les différents corps du système solaire, comme la Lune, Mars ou les astéroïdes, afin d’y collecter des échantillons et de les ramener sur terre pour les soumettre à une analyse scientifique. Ces missions sont considérées comme des étapes stratégiques importantes dans l’exploration permanente de l’espace, qui devraient aboutir à l’organisation de missions humaines vers la Lune et vers Mars.

Même si l’Europe dispose d’une solide tradition en matière à la fois d’étude et de conservation des échantillons extraterrestres (sous la forme de météorites), et d’exploration spatiale, elle ne possède pas d’infrastructure appropriée pour conserver de manière adéquate ces précieux spécimens. Le projet EURO-CARES, financé par l’UE, a donc été mis en place afin d’élaborer une feuille de route dans l’objectif de créer une infrastructure européenne.

«L’absence d’une telle structure», déclare la Dr Caroline Smith, co-coordinatrice du projet basé au Musée d'histoire naturelle du Royaume-Uni, «a pour conséquence que nous passons à côté d’opportunités de collaborer sur des missions phares avec des partenaires internationaux tels que la NASA, la Chine ou le Japon».

En établissant une feuille de route qui définit dans les grandes lignes les fonctions nécessaires et l’architecture potentielle de cette infrastructure, nous espérons que ce projet servira à convaincre les décideurs que l’Europe peut et doit disposer d’une telle infrastructure.

Rassembler les avis des experts de différentes disciplines

Quelle devrait être la structure du site, quelles sont les mesures de sécurité nécessaires pour éviter la contamination accidentelle, comment engendrer une volonté politique, qu’est-ce qui devrait finalement y être stocké: répondre à toutes ces questions impliquait la contribution d'experts dans une grande diversité de domaines. «EURO-CARES est un projet assez atypique dans la mesure où il est extrêmement multidisciplinaire. Notre équipe comprenait des scientifiques (en sciences de la vie et de la terre), des ingénieurs et des technologues», explique la Dr Smith.

L’un des enjeux majeurs de ce projet étaient les problèmes liés à la conservation des échantillons martiens. Ce type de matériel présente des problématiques très spécifiques; notre connaissance actuelle de l’histoire de la planète rouge indique qu’elle possède l’environnement et les conditions chimiques qui pourraient permettre le développement de la vie. Certains scientifiques pensent qu’il pourrait même y avoir de la vie sur Mars aujourd'hui. Les missions vers la planète sont par conséquent conçues de manière très rigoureuse, afin d’éviter toute contamination de Mars avec de la vie terrestre; et les missions destinées à prélever et à rapporter des échantillons de Mars sur terre sont élaborées afin de prévenir toute infection accidentelle de la biosphère terrestre par des matériaux provenant de cette planète.

«Cet enjeu clé est pris extrêmement au sérieux et est couvert par des traités et des politiques internationales. Une infrastructure conçue et construite pour accueillir des échantillons martiens doit permettre de protéger à la fois ces échantillons et la Terre elle-même. Une telle infrastructure serait quelque chose de similaire à un laboratoire à risque biologique de niveau 4. Il existe déjà plusieurs laboratoires de ce type dans différents pays d’Europe, et c’est là que les biologistes étudient certaines des maladies connues les plus dangereuses.»

Sécurisé mais ouvert

Les impératifs de sécurité ont donc été au cœur des réflexions menées par l’équipe, mais celle-ci s’est également passionnée pour la conception d’une infrastructure qui inspirerait le public. «Nous voulions produire un matériel qui pourrait être utilisé par des étudiants de différents âges, dans un environnement d'apprentissage à la fois formel et informel», explique la Dr Smith.

Elle souligne en outre que la plupart des missions de prélèvement d’échantillons planifiées ne projettent de revenir avec du matériel qu’à partir du milieu des années 2020, au plus tôt. «Ce sont les étudiants d’aujourd’hui qui deviendront les scientifiques et les ingénieurs du futur qui vont être impliqués dans les travaux quand les échantillons commenceront à arriver.»

Des recherches en temps opportun

Tandis que les échantillons devraient arriver dans les dix années à venir, la dernière fois que des protocoles de protection planétaire ont été publiés, et uniquement dans une version préliminaire, remonte au début des années 2000. «Dans les travaux mis en œuvre, nous avons essayé de prendre en compte cette information (et d’autres documents afférents) tout en soulignant les avancées technologiques qui pourraient également être mises en pratique pour fournir des techniques plus précises, etc.»

Mais, comme le souligne la Dr Smith, repenser les politiques de protection de la planète requiert la mise en place d’un projet international spécifique, qui prendra probablement 2-3 ans et impliquera différents types d’experts en sciences de la vie et en sciences de la Terre, ainsi que des spécialistes en instruments. Entre-temps, le projet a déterminé que cela prendrait un minimum de sept années pour concevoir et construire une infrastructure destinée à la conservation des échantillons provenant des astéroïdes et de la Lune, et plus de temps encore si elle est destinée à accueillir des échantillons originaires de Mars.

Le projet EURO-CARES, déclare le Dr Smith, a permis de développer un excellent réseau d'experts de divers domaines. «Notre travail est utilisé par des collègues au Japon et en Amérique pour les aider dans leur travail, par conséquent notre projet a permis à la fois d’affirmer l’expertise de l’Europe et son leadership dans ce domaine et d’accroître fortement la visibilité de cette expertise.»

Informations connexes

Mots-clés

EURO-CARES, Mars, échantillons, conservation, Structure de conservation des échantillons européens (European Sample Curation Facility), missions spatiales de prélèvement d’échantillons