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H2020

AGEISM — Résultat en bref

Project ID: 659937
Financé au titre de: H2020-EU.1.3.2.
Pays: Royaume-Uni
Domaine: Santé, Recherche fondamentale

Les vieux éléphants révèlent les secrets d’un vieillissement en bonne santé

Les recherches se poursuivent pour découvrir comment certaines personnes vieillissent en meilleure santé que d’autres. Le projet AGEISM, financé par l’UE, a apporté quelques réponses possibles en observant un autre mammifère avec une longue durée de vie, l’éléphant d’Asie.
Les vieux éléphants révèlent les secrets d’un vieillissement en bonne santé
Une série de facteurs qui influencent le vieillissement chez les mammifères à longue durée de vie, comme l’homme, ont été découverts. Avec des approches novatrices, les chercheurs du projet AGEISM ont combiné l’étude des modèles de sénescence avec les mécanismes du vieillissement. L’équipe a également étudié les interactions des processus de vieillissement avec les variations de l’état de santé et de stress tout au long de la vie, ainsi que les indications hormonales de stress chez les éléphants d’Asie.

La Dr Sophie Reichert, chercheuse du projet, explique: «L’étude nous aidera à établir quels marqueurs moléculaires représentent le mieux les antécédents médicaux d’un individu et à comprendre comment ces antécédents permettent de prédire les taux de vieillissement.»

Les marqueurs de vieillissement mesurés dans l’étude étaient la longueur des télomères. Ces mesures ont été réalisées avec des tests de réaction en chaîne par polymérase quantitative et des marqueurs de stress oxydatif, deux processus qui jouent un rôle important dans le vieillissement. Les télomères sont les extrémités des chromosomes qui contrôlent la division cellulaire. Le taux de raccourcissement des télomères varie et dépend à la fois du nombre de divisions cellulaires et des dommages oxydatifs infligés aux télomères.

Âge maternel et distribution des sexes

AGEISM a examiné les effets de l’âge maternel avancé sur l’état de la progéniture, le succès reproductif selon l’âge et la survie à long terme. Les données ont montré que les descendants nés de mères plus âgées affichent une survie globale réduite et un taux de reproduction plus élevé selon l’âge, mais une survie réduite de leur propre progéniture. «Ces résultats fournissent des preuves rares d’un effet persistant de l’âge maternel sur la forme physique d’une génération à l’autre dans une population de mammifères à longue durée de vie», souligne la Dr Reichert.

La recherche du projet a ensuite porté sur la distribution des sexes et sur la façon dont les interactions entre les membres d’une famille peuvent par la suite influencer le sex-ratio attendu de 1:1. L’éventuel impact de la distribution différentielle des sexes sur la condition de la progéniture, le succès reproductif selon l’âge et la survie à long terme a été étudié. Les éléphanteaux nés après un frère ont une masse corporelle réduite et un taux de survie plus faible que ceux nés après des femelles.

Le sexe de la progéniture précédente semble également avoir un impact sur la reproduction des frères et sœurs suivants, les femelles nées après un mâle ayant une reproduction plus lente. «C’est la première fois qu’un tel coût intergénérationnel à long terme a été démontré chez une espèce de mammifère», remarque la Dr Reichert.

Les données recueillies sur la santé ont aidé à démêler les possibles causes mécaniques sous-jacentes des modèles de sénescence chez les éléphants d’Asie. Les différents marqueurs physiologiques de la santé (indice corporel, nombre de globules sanguins, fonctions hépatiques et rénales) varient selon l’âge. «Dans les résultats de cette étude, nous observons un déclin de l’état corporel, des fonctions immunitaires et hépatiques avec l’âge; ce qui représente la première preuve de sénescence sur les traits physiologiques», déclare la Dr Reichert.

Les défis sur le chemin de la recherche

Les éléphants d’Asie sont une espèce menacée et l’obtention des permis pour cette cargaison en provenance du Myanmar, ex-Birmanie, (permis d’importation/exportation et accords de transfert de matériel), ainsi que la réservation d’une compagnie de transport appropriée ont pris plus de temps que prévu. Les échantillons ont donc été expédiés avec des retards (en octobre 2016) par rapport au calendrier initial.

À l’origine, l’équipe prévoyait de mesurer les longueurs de télomères à partir d’échantillons de sang prélevés sur des cartes, mais des travaux à l’Université de Glasgow ont montré que le stockage dans l’éthanol constituait une méthode de stockage plus appropriée. L’inconvénient était le nombre d’années d’échantillonnage réduit, mais des modifications garantissent une qualité d’ADN suffisante pour effectuer les tests des télomères, ce qui constituait un facteur crucial.

Les données d’AGEISM: une base pour les études sur le vieillissement humain

Un nouveau financement pour un nouveau projet multidisciplinaire basé sur les résultats du projet Marie Curie permettra d’étudier les liens fonctionnels entre les différences individuelles en matière de risques pour la santé tout au long de la vie, la sénescence reproductive et les marqueurs du vieillissement. L’objectif est d’acquérir une large compréhension du déclin de la fertilité chez une espèce de mammifère à vie longue, y compris les humains.

Les résultats à venir permettront de déterminer comment les marqueurs moléculaires et physiologiques du vieillissement (télomères et stress oxydatif) interagissent avec les variations de l’état de santé et de stress, et comment ces derniers déterminent les taux de vieillissement et la variation individuelle des taux de sénescence. La Dr Reichert exprime ses objectifs de recherche pour l’avenir basés sur AGEISM. «Notre approche propose également des comparaisons uniques avec les humains, permettant ainsi de contribuer à améliorer la santé humaine et la qualité de vie à un âge avancé.»

Mots-clés

AGEISM, vieillissement, télomère, éléphant, mammifère à vie longue