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H2020

CANCER-TECH — Résultat en bref

Project ID: 655194
Financé au titre de: H2020-EU.1.3.2.
Pays: Irlande
Domaine: Santé, Recherche fondamentale

Un nouvel outil de dépistage du cancer du col de l’utérus

Plus de 16 000 décès répertoriés chaque année dans l’UE sont dus à un cancer du col de l’utérus. Le projet CANCER-TECH vise à améliorer le diagnostic du cancer du col de l’utérus à un stade précoce grâce à une nouvelle technologie de dépistage.
Un nouvel outil de dépistage du cancer du col de l’utérus
Il existe près de 190 souches différentes de virus du papillome humain (VPH). Cependant, seule une fraction d’entre eux peut entrainer le cancer du col de l’utérus. La vaccination préventive contre quatre souches de VPH est rapidement utilisée dans de nombreux pays et dans le monde entier pour éradiquer le cancer du col de l’utérus. Dans l’intervalle, il existe cependant un besoin urgent d’approches diagnostiques sensibles capables de détecter le virus à haut risque de façon anticipée.

Le projet CANCER-TECH, financé par l’UE, était axé sur le développement d’une nouvelle plateforme hautement sensible pour détecter le VPH en utilisant un biopolymère texturé au laser comme substrat de dispositif, fonctionnalisé avec des nanoparticules. «Nous voulions générer un dispositif ultra-sensible capable de détecter les VPH à haut risque», explique le coordinateur du projet, le professeur Dermot Brabazon.

Nouvelle technologie pour la production de nanoparticules

Les chercheurs ont préparé des nanoparticules spécifiques à différentes souches de VPH, en particulier les souches 16 et 18 responsables de la majorité des cancers du col de l’utérus. Dans ce contexte, ils ont utilisé la technique d’ablation par laser pulsé en phase liquide (PLAL), une voie de synthèse verte indépendante de tout traitement chimique. Comme le Dr Bagga - boursier Marie Curie qui a pris en charge les travaux d’expérimentation - l’explique: «La technique produit des nanoparticules avec une activité de surface améliorée, réduisant ainsi la quantité de molécules d’échantillon nécessaires pour une détection réussie.» Essentiellement, cela améliore la limite et le temps de détection, et génère un nouvel outil de détection ultrasensible du VPH.

Le PLAL surmonte également certaines limites associées aux méthodes traditionnelles de production de nanoparticules qui génèrent un large spectre de propriétés chimiques et physiques et affectent l’efficacité. En outre, il permet un réglage précis de la taille, de la composition et de la stabilité des nanoparticules, ce qui permet aux chercheurs de contrôler les propriétés physiques et chimiques des nanoparticules métalliques.

L’équipe a dû relever certains défis associés à la composition des nanoparticules. Les nanoparticules d’or ont montré de meilleures propriétés optiques que les nanoparticules de taille similaire disponibles dans le commerce. L’équipe a également démontré la limite de détection à la gamme nanomolaire (nM) en utilisant la protéine C-réactive, biomarqueur cardiaque, comme une molécule étalon. Cependant, ces dernières se sont révélées instables en milieu biologique, et les chercheurs se sont tournés vers le bisulfure de molybdène comme matériau d’électrode pour développer un capteur électrochimique du VPH car il offre une grande surface en mesure d’améliorer les performances de biodétection.

Une plateforme biomimétique spécifique au VPH

L’étape suivante du projet consistait à fonctionnaliser les nanoparticules générées avec des ligands spécifiques du VPH et à les fixer sur une plateforme biomimétique à base de polymère. Dans ce contexte, les chercheurs ont utilisé des aptamères d’ARN pour détecter spécifiquement différentes protéines du VPH.

Les études de réactivité croisée ont démontré une grande sélectivité vis-à-vis des espèces du VPH potentiellement interférentes, ce qui démontre le potentiel de l’approche à utiliser dans les dispositifs au point de traitement. Fait important, les aptamères ont bien fonctionné dans des échantillons biologiques et à de faibles concentrations cibles.

Dans l’ensemble, le projet CANCER-TECH a apporté une contribution substantielle à l’avancement de l’immuno-détection du cancer en s’appuyant sur une nouvelle conception d’immunodosage sur puce. La nouveauté de l’approche réside dans les bionanostructures de haute qualité utilisées pour la détection ultrasensible et rapide du VPH.

Le test généré devrait augmenter la sensibilité et la spécificité de la détection du VPH par rapport à l’état actuel de la technologie. En préparation de l’avenir, le professeur Brabazon estime que «la fabrication d’appareils biomédicaux via des surfaces traitées au laser devrait améliorer de nombreuses applications médicales et améliorer le diagnostic».

Mots-clés

CANCER-TECH, VPH, nanoparticule, cancer du col de l’utérus, ablation à laser pulsé en phase liquide (PLAL)