Service Communautaire d'Information sur la Recherche et le Développement - CORDIS

H2020

VirtualPatients — Résultat en bref

Project ID: 654857
Financé au titre de: H2020-EU.1.3.2.
Pays: Allemagne
Domaine: Santé

Les patients virtuels peuvent améliorer les compétences en diagnostic des étudiants en médecine

Des chercheurs financés par l’UE ont conçu un outil d’apprentissage basé sur des patients virtuels afin que les étudiants en médecine puissent acquérir des compétences de diagnostic dans un environnement sans risque.
Les patients virtuels peuvent améliorer les compétences en diagnostic des étudiants en médecine
Selon les estimations de la Commission européenne sur la sécurité des patients et la qualité des soins, de 8 à 12 % des patients hospitalisés souffrent chaque année d’effets indésirables, y compris d’erreurs de diagnostic. Améliorer les capacités de raisonnement clinique que les étudiants en médecine acquièrent durant leur formation pourrait aider à réduire cette marge d’erreur.

Le raisonnement clinique est généralement enseigné face-à-face, au chevet d’un patient, lors de tutoriels axés sur des problèmes ou pendant la période d’internat. Mais les patients virtuels sont de plus en plus utilisés dans l’enseignement médical, l’environnement étant ainsi sans risque et les étudiants en mesure d’apprendre de leurs erreurs.

Le projet VirtualPatients, financé par l’UE, a mis au point un outil d’apprentissage en ligne spécifiquement destiné à transmettre ces compétences dans un cadre d’enseignement en groupes ou en auto-apprentissage.

«Les étudiants en médecine doivent apprendre le raisonnement clinique et la prise de décision clinique. S’ils le font auprès de patients réels entourés d’éléments de distraction et de facteurs sociaux nombreux, l’apprentissage peut s’avérer trop complexe pour eux dans les premiers stades de développement de leur expertise», explique le coordinateur du projet, Martin Fischer de l’Institut d’éducation médicale du CHU Ludwig Maximilian de Munich (LMU).

«En médecine, il faut tirer le meilleur parti des informations dont nous disposons. Et cela peut parfois être très diffus», poursuit le professeur Fischer.

Les patients virtuels - des programmes informatiques interactifs qui simulent des rencontres cliniques réelles - existent depuis longtemps, mais le projet VirtualPatients de l’UE a conçu un nouvel outil pour soutenir les diagnostics différentiels qui, associé à des patients virtuels, permet aux étudiants d’améliorer leurs compétences de raisonnement clinique.

Les symptômes de patients réels

«VirtualPatients rassemble des symptômes de patients réels qui enseignent ce processus de réflexion», explique le professeur Fischer.

Les patients ambulatoires peuvent être traités sur plusieurs semaines ou admis à l’hôpital. «Les contraintes de temps ne nous laissent qu’une fenêtre d’enseignement limitée selon la disponibilité des patients», explique le professeur Fischer.

Souvent, les informations sur les patients sont dispersées - sur des graphiques et dans des notes de cas; sur des images ou des rayons X; ou fournies par les patients eux-mêmes, avec toutes les difficultés habituellement associées à la communication, «VirtualPatients condense tout cela», déclare-t-il. «Il abolit les contraintes temporelles et rassemble toutes les informations au même endroit.»

Des douzaines de patients virtuels

Dans le cadre du projet, près de 80 patients virtuels ont été conçus sur la base des symptômes.

«Les étudiants commencent par rencontrer un patient avec ses symptômes. De là, ils travaillent étape par étape. Nous leur demandons comment ils interprètent les informations venant du patient, leur diagnostic différentiel à ce moment-là et quelle réponse ils donneraient ensuite», explique Inga Hege, professeure agrégée de formation médicale à la faculté de médecine LMU de Munich, qui a conçu le projet VirtualPatients financé par une bourse mondiale Marie Skłodowska-Curie de deux ans et demi en coopération avec le CHU LMU de Munich, l’école de médecine Geisel à Dartmouth aux États-Unis et la société d’apprentissage en ligne basée à Munich Instruct.

«Cela rend le processus de raisonnement clinique plus explicite pour l’étudiant qui peut ainsi réellement voir [comment ça fonctionne]», déclare-t-elle.

Cela passe par un système d’assistance intégré ou «échafaudage» qui guide l’étudiant. «L’outil détecte également les erreurs, c’est là le principal avantage - les élèves apprennent de leurs erreurs. L’outil leur explique les raisons possibles de leurs erreurs et comment améliorer leurs réponses», explique-t-elle.

Les patients virtuels peuvent être conçus pour des étudiants à différents niveaux de leur formation médicale, les étudiants expérimentés ayant besoin d’une assistance allégée. Dans sa phase pilote, le système a été amélioré par les commentaires et retours des étudiants. Il est actuellement utilisé dans les écoles de médecine en Allemagne, en Pologne et aux États-Unis.

Le professeur Fischer recommande aux étudiants en médecine de travailler environ 150 heures en intégration structurée avec des patients virtuels. Mais il note que la loi ne permet pas de remplacer l’interaction face à face dans des situations cliniques. «Il n’y a aucun danger que cela prenne le relais de l’apprentissage au chevet du patient», déclare-t-il.

Mots-clés

VirtualPatients, patients virtuels, santé, apprentissage en ligne, apprentissage mixte, éducation médicale, étudiants en médecine, diagnostic, soins de santé