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H2020

LUVMI — Résultat en bref

Project ID: 727220
Financé au titre de: H2020-EU.2.1.6.2.
Pays: Belgique
Domaine: Espace

Le concept de rover ouvre une nouvelle ère pour l’exploration lunaire

Des chercheurs, financés par l’UE, sont en train de mettre au point un rover léger qui pourrait rendre les missions sur la Lune plus faciles, aider à exploiter des sources d’eau extraterrestres et ouvrir de nouvelles possibilités pour favoriser de futures missions spatiales et satellites.
Le concept de rover ouvre une nouvelle ère pour l’exploration lunaire
Le projet LUVMI, financé par l’UE, a mis au point un prototype de rover léger (avec une charge utile compacte) pouvant être envoyé sur la Lune à la recherche d’eau, de minéraux ou d’autres ressources essentielles. Le coordonnateur adjoint du projet, Diego Urbina, de Space Applications Services en Belgique estime que le concept rendra les missions habitées vers la Lune plus faciles et améliorera de façon significative notre compréhension de l’univers. Sans atmosphère, la Lune n’a pas de système météorologique pouvant effacer des milliards d’années de preuves matérielles, ce qui en fait un excellent endroit pour étudier l’histoire du système solaire.

«Les scientifiques ont également découvert récemment des preuves de la présence d’eau sur la Lune, dans des régions constamment cachées au niveau des pôles lunaires», a déclaré Urbina. «Notre vision est que notre rover puisse être envoyé pour confirmer la présence de cette eau et établir sa répartition exacte, sa forme physique et sa variabilité.»

Cela présente un énorme potentiel commercial. L’eau provenant de la Lune pourrait être utilisée pour alimenter les satellites de communication qui passent de l’orbite terrestre basse à l’orbite géostationnaire, par exemple. «L’idée est que les satellites puissent être propulsés d’une orbite à l’autre au moyen de l’hydrogène et de l’oxygène extraits de l’eau», a expliqué Urbina.

Secteur spatial durable

Le projet LUVMI arrive à un moment passionnant pour l’exploration spatiale, avec l’augmentation des investissements du secteur privé et l’émergence de nouvelles possibilités commerciales. Toutefois, il est de plus en plus établi que l’industrie doit s’adapter et changer si elle souhaite tirer parti de ces possibilités. «Nous savons d’expérience que l’exploration spatiale est une entreprise très coûteuse», a déclaré Urbina. «Les parties prenantes se rendent compte que le secteur spatial doit devenir plus durable pour assurer son avenir à long terme.»

Entre autres exemples, la société Space X a commencé à lancer des fusées qui reviennent sur terre et peuvent être réutilisées, tandis que le concept d’«utilisation des ressources in situ» ne cesse de gagner en popularité. «L’utilisation des ressources in situ consiste essentiellement à utiliser des ressources disponibles sur place, plutôt que d’avoir à lancer tout ce dont vous avez besoin pour les missions spatiales habitées, des satellites ou des sondes spatiales profondes», a expliqué Urbina «Cela signifie moins de masse et, en fin de compte, moins de coûts.»

Mission sur la Lune

C’est exactement ce que le projet LUVMI vise à réaliser. Les missions exploratoires sur la Lune devaient habituellement envoyer des charges utiles lourdes, dont un véhicule rover et des excavatrices pour creuser la surface, ainsi que de grandes chambres pour chauffer les matériaux et des capteurs complexes pour tester l’eau ou d’autres composés. L’avantage du rover LUVMI léger et de la charge utile est qu’il peut effectuer toutes les opérations nécessaires beaucoup plus efficacement, avec un rover compact et un échantillonneur d’éléments volatils qui extrait ces derniers en pénétrant le régolite, en le chauffant directement sur place et en utilisant un analyseur d’éléments volatils miniature de pointe inspiré de celui utilisé dans la mission Rosetta.

«La principale innovation est la technologie d’échantillonnage sur place qui permet d’extraire et d’analyser les éléments volatils eux-mêmes», a déclaré Urbina. «Le rover peut être utilisé pour explorer de grandes zones de la Lune et les cartographier avec un nouvel appareil photo plénoptique, fournissant ainsi des informations aux missions à venir sur les meilleurs endroits pour extraire de l’eau.»

Le prototype de rover sera maintenant testé sur la Terre dans des régions similaires à la Lune, tandis que la charge utile sera davantage peaufinée pour pouvoir fonctionner dans des conditions similaires à celles de la Lune. Après cela, le consortium élaborera une feuille de route en vue de construire une version volante du rover qui un jour pourra voler jusqu’à la Lune, transportant de petites charges utiles commerciales. Le projet LUVMI se poursuit jusqu’en septembre 2018.

«Nous espérons que ces données seront disponibles d’ici le début des années 2020», a déclaré Urbina. «Les gens commencent à se rendre compte que nous avons la technologie nécessaire, mais que ce qu’il faut vraiment, au début, sont des investissements.»

Mots-clés

LUVMI, rover, espace, Lune, extraterrestre, charge utile, éléments volatils, eau, satellites, sondes, espace lointain, orbite