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H2020

COcOAB — Résultat en bref

Project ID: 701250
Financé au titre de: H2020-EU.1.3.2.
Pays: Italie
Domaine: Santé, Recherche fondamentale

Les aveugles entendent-ils vraiment mieux?

Le cerveau humain est extrêmement plastique, en particulier le centre de traitement de la vision. La réorganisation de l’aire cérébrale chez les personnes atteintes de cécité fait toujours l’objet d’un débat intense.
Les aveugles entendent-ils vraiment mieux?
La neuroimagerie apporte de nombreuses preuves de l’existence d’un traitement d’intrants non visuels chez les personnes aveugles. Le projet COcOAB, financé par l’UE, a utilisé la magnétoencéphalographie (MEG) pour élaborer une plateforme permettant d’approfondir les études sur la nature de cette activité cérébrale. Cette méthode a permis de mettre en évidence le rôle du lobe occipital (cortex visuel) dans le traitement d’informations non visuelles.

Le but des recherches est de déterminer s’il existe des interactions entre cette aire et d’autres réseaux fonctionnels qui participent à des fonctions non visuelles. Comme l’explique le Dr Olivier Collignon, coordinateur du projet, «nous pourrons déterminer si le cortex visuel est intégré dans de nouveaux réseaux fonctionnels pour remplir des fonctions non visuelles chez les personnes souffrant de cécité».


Nouveau paradigme

La MEG a évalué l’activité des ondes cérébrales au niveau des neurones. Des tests ont été effectués au Center for Mind/Brain Sciences, CIMeC, de l’Université de Trente, en Italie. Pour pouvoir tester une cohorte de 20 personnes voyantes, le protocole originel a été affiné par des ajustements apportés aux conditions d’essai.

La session de MEG commence par une évaluation du seuil auditif pour déterminer l’amplitude, générant un taux de détection des stimuli d’environ 50 %. «L’idée est que toute variabilité de la perception peut être attribuée à des modulations des états cérébraux du patient», explique la Dre Valeria Occelli, chargée de la recherche.

Les résultats enregistrés au cours du test provenaient de stimuli sonores au niveau du seuil,au-dessus du seuil et en l’absence de son. En appuyant sur des boutons, les participants indiquent s’ils ont entendu ou non le son. «Contrairement à l’étude originelle, notre expérience présente une structure d’essai clinique. Il s’agit notamment de l’utilisation de la parole plutôt qu’une exposition à un bruit blanc qui, selon nous, est plus pertinent sur le plan écologique», souligne la Dre Occelli.

Plateforme de résultats: une base solide pour les études futures

Des études ont montré que l’activité de l’onde cérébrale alpha avant le début du stimulus influence la détection du stimulus proche du seuil imminent et a donc une pertinence fonctionnelle pour la performance des participants. Les données pilotes recueillies auprès des participants voyants ont démontré qu’il s’agit d’un paradigme prometteur pour évaluer l’activité avant la stimulation.

La collecte de données sur les participants aveugles est en cours, et la collaboration avec l’université d’accueil, l’Université de Trente, en Italie, a été prolongée d’un an pour mener à bien l’étude. «Le développement et la validation du nouveau paradigme ont coûté plus cher que prévu en termes de temps et de ressources. De plus, la formation à la programmation de la tâche a demandé beaucoup de temps», explique la Dre Occelli.


Des perspectives pour la poursuite de la recherche

Le projet COcOAB entend utiliser les données futures des sujets aveugles pour soutenir l’idée que la fonction du cortex visuel change au début de la cécité. Qui plus est, il est possible de déterminer l’effet de l’âge auquel est apparue la cécité ou celui de la durée de la privation visuelle. D’après le Dr Olivier Collignon, le projet est d’importance car «il nous permettra de recueillir des informations inédites sur la pertinence fonctionnelle de l’activité non visuelle dans le cortex occipital des personnes aveugles».

Le projet COcOAB a pour but de prouver que le cortex visuel n’est pas spécifiquement destiné au traitement d’informations visuelles, mais qu’il joue un rôle dans la perception globale de l’environnement chez les personnes aveugles et malvoyantes. «Si cette hypothèse se confirme, nous aurons une preuve irréfutable que chez les aveugles le lobe occipital (où convergent les intrants auditifs) est intégrée dynamiquement dans un traitement fonctionnellement pertinent et sélectif plutôt que d’être simplement coactivée», ajoute la Dre Occelli.

Mots-clés

COcOAB, aveugle, cortex visuel, magnétoencéphalographie (MEG), fonctions non visuelles