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H2020

MONASPOWER — Résultat en bref

Project ID: 656205
Financé au titre de: H2020-EU.1.3.2.
Pays: Danemark
Domaine: Société

De nouvelles informations sur le rôle des monastères coptes dans l’économie de l’Égypte antique tardive

Un meilleur aperçu de l’économie de l’Égypte antique tardive (Ve-VIIIe siècle apr. J.-C.) a été dévoilé par un projet de l’UE qui a étudié des éléments de preuve issus de sources monastiques coptes, provenant de la vallée du Nil.
De nouvelles informations sur le rôle des monastères coptes dans l’économie de l’Égypte antique tardive
Les monastères ont constitué une partie importante du paysage égyptien depuis les débuts du christianisme dans le pays, avec des documents écrits principalement en copte. Même s’ils existent encore de nombreux monastères et que leur importance dans les anciennes structures de pouvoir est reconnue, peu de recherches ont été menées au sujet de leur impact sur le cadre économique et administratif de l’Égypte ancienne.

Leur rôle dans ces domaines a été ignoré en grande mesure parce que les sources primaires étaient difficilement accessibles ou qu’elles n’ont pas attiré suffisamment d’intérêt. «Le matériel peut uniquement être lu par des spécialistes qui étudient les Coptes, et ils sont souvent plus intéressés par des textes religieux ou littéraires que par des documents administratifs», explique la Dre Jennifer Cromwell, chercheuse principale de MONASPOWER.

Rassembler les éléments de preuve

MONASPOWER s’est employé à étudier la position économique des monastères coptes pendant l’Égypte antique tardive sur la base d’éléments de preuve négligés provenant de deux sources: le monastère Apa Thomas de Wadi Sarga et le corpus de textes coptes non littéraires de la collection de l’Université de Copenhague.

«Je voulais fournir un matériel qui apporterait une compréhension plus réaliste sur l’économie de l’Égypte antique tardive (du Ve au VIIIe siècle) en me centrant sur les éléments de preuve issus de sources coptes provenant des monastères de la vallée du Nil», explique la Dre Cromwell, boursière Marie Curie. Les lettres, les documents légaux, les comptes, les listes et les recettes étudiés par le projet fournissent des preuves sur la réalité de la vie quotidienne. «Ces documents nous ont apporté un aperçu des relations personnelles, des disputes, de l’alimentation, de la propriété, de la richesse et de la santé: les bonnes et les mauvaises choses de la vraie vie.»

Afin de dresser un tableau plus clair, la Dre Cromwell a profité de documents découverts en 1913-1914, lors des excavations du monastère de Wadi Sarga, en Égypte centrale. Quelques centaines de textes courts ont été publiés en 1922, mais bien d’autres n’ont pas connu le même destin. Un des objectifs du projet était de publier et d’étudier l’ensemble du corpus.

Les articles en céramique provenant du site, ainsi que les fragments de textiles, les figures en terre cuite et les objets en os, en métal et en bois ont également été ramenés. Maintenant, ils font partie de la collection du British Museum. Ces objets archéologiques ont complété les documents textuels, afin de fournir une compréhension plus approfondie de la vie au monastère. «Un des objectifs était de combiner les compétences spécialisées de plusieurs individus travaillant sur ce matériel. Cela met l’accent sur le besoin d’un effort collaboratif, afin de ne pas négliger des informations potentiellement indispensables», explique la Dre Cromwell.

MONASPOWER a également puisé dans les papyrus non publiés de la Papyrus Carlsberg Collection, à Copenhague. Grâce au projet, des centaines de documents coptes non publiés ont été traduits et sont en train d’être soumis à des revues d’accès ouvert pour publication.

Un intérêt sans précédent

La Dre Cromwell est ravie de reconnaître que grâce à la présentation d’une étude globale sur la réalité économique des monastères coptes, ses découvertes peuvent maintenant être utilisées dans des études plus larges sur l’économie du monde méditerranéen antique. Le projet a également publié un volume sur les économies monastiques en Égypte, en Jordanie et en Palestine. Actuellement en cours de révision, il constitue le premier effort pour étudier de façon collective ces zones géographiques à travers ce point de vue.

En outre, MONASPOWER a réuni pour la première fois un groupe de spécialistes provenant de différentes disciplines. «L’approche pluridisciplinaire du projet génère de nouvelles perspectives sur le sujet et fait réapparaître du matériel qui est souvent négligé par les historiens, grâce à l’archéologie (y compris les approches théoriques), l’histoire de l’art, la paléobotanique (l’étude de restes végétaux anciens), les textes grecs et coptes, les approches littéraires et non littéraires», explique la Dre Cromwell.

Les universitaires contribuant au volume sur les économies monastiques proviennent eux-mêmes de milieux très divers, aussi bien en ce qui concerne la nationalité (toute l’Europe, les États-Unis, l’Égypte et Israël) que l’étape de leur carrière (doctorants, chercheurs en début de carrière et professeurs).

MONASPOWER a aidé à révéler la mesure dans laquelle les monastères coptes ont contribué à l’économie de l’Égypte antique tardive; soulignant le fait que les monastères ne devraient pas être considérés uniquement comme des institutions spirituelles illustrant des formes spécifiques d’expérience religieuse. La Dre Cromwell explique que «dans de prochaines études sur la vie économique et sociale en Égypte, les éléments de preuve issus des monastères ne pourront pas être ignorés, car cela représenterait l’omission d’une partie du tableau et générerait une image biaisée du monde ancien».

Mots-clés

MONASPOWER, monastères coptes, textes grecs, textes coptes, monastère de Wadi Sarga, Égypte ancienne tardive, Égypte du début de la période islamique