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H2020

EbolaVac — Résultat en bref

Project ID: 666085
Financé au titre de: H2020-EU.3.1.
Pays: Belgique
Domaine: Santé

De nouvelles recherches se rapprochent d’un vaccin contre le virus Ebola

Le projet EbolaVac faisait partie de la réponse soutenue par l’UE à l’épidémie d’Ebola qui a eu lieu en Afrique de l’Ouest en 2014-2016.
De nouvelles recherches se rapprochent d’un vaccin contre le virus Ebola
Le projet EbolaVac, soutenu par l’UE, était financé au titre de la procédure d’urgence lancée par la Commission européenne en réponse à l’épidémie de maladie liée au virus Ebola de 2014. Le projet a concerné plusieurs études cliniques de phase 1 et 2 qui ont dû être lancées dans plusieurs pays pour sélectionner la dose optimale et pour caractériser les profils d’immunogénicité et de sécurité du vaccin. La sélection et la préparation devaient avoir lieu dans les plus brefs délais possible, sans compromettre la qualité ni les aspects éthiques.

Forts de leur vaste expérience préalable dans le développement clinique d’un vaccin contre le paludisme, aussi bien en Suisse qu’en Afrique, il a été demandé à une équipe pluridisciplinaire principale de mener un essai clinique accéléré au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois. Ils ont utilisé le vaccin ChAd3-EBO Z. «Notre objectif était de mettre à disposition le vaccin pour les travailleurs de santé de première ligne, qui se trouvaient en situation de risque, et pour son utilisation dans le confinement de la flambée épidémique d’Ebola dans les zones concernées en Afrique», explique le professeur Blaise Genton, directeur du Centre ambulatoire des maladies infectieuses et tropicales à l’Université de Lausanne et chercheur principal.

La rapidité étant une condition sine qua non, le projet a déposé ses soumissions et a reçu l’approbation des autorités réglementaires et éthiques dans un délai de deux mois. «Nous avons réussi à être opérationnels très rapidement», explique le professeur Genton.

Dans les trois mois qui ont suivi le recrutement des 120 sujets, EbolaVac était en mesure d’offrir les résultats à 28 jours en matière de sécurité et d’immunogénicité à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Cet essai a été mené à une vitesse phénoménale, tout en respectant toutes les exigences des normes élevées et sans raccourcis, grâce au travail acharné et à l’implication de l’équipe», précise le professeur Genton.

Cet essai constituait une partie critique d’un programme de phase 1 qui a prouvé que le vaccin était sûr et immunogène aux doses étudiées. Preuves qui se sont avérées essentielles dans la prise de décisions pour poursuivre les études plus larges de phase 2 chez des adultes et des enfants dans cinq pays africains.

Satisfaire au besoin d’une réponse rapide a été particulièrement complexe, car il fallait prendre en compte le «développement de documents cliniques pour les études de phase 2, comme les protocoles, les formulaires de consentement éclairé, la brochure pour l’investigateur, la révision nécessaire presque en temps réel par toutes les autorités réglementaires nationales et les comités éthiques. Afin d’accélérer cette action, une révision conjointe et un processus d’approbation ont été organisés par l’OMS en décembre 2014, réunissant toutes les parties prenantes importantes», précise le Dr François Roman (directeur de Développement clinique pour les maladies du monde en développement chez GSK Vaccines).

Outre les études de phase 2, et malgré les contraintes en matière de temps, le programme EbolaVac a également examiné les effets immunologiques du vaccin de rappel avec MVA-EBO Z dans un essai clinique au Sénégal. Cette étude, menée par l’Université d’Oxford, a montré que le rappel était bien toléré et qu’il augmentait considérablement les réponses aux vaccins.

Le programme EbolaVac a largement contribué aux nouvelles informations scientifiques disponibles sur le vaccin ChAd3-EBO-Z. Même si aucune donnée d’efficacité n’a pu être recueillie concernant le vaccin, et même si le chemin vers l’enregistrement du vaccin ChAd3-EBO-Z semble difficile en l’absence de ces données, le programme permettra une meilleure préparation face aux éventuelles futures épidémies.

Comme l’explique le Dr Rip Ballou (vice-président et chef du Global Vaccines US R&D Center chez GSK): «Les approches en cours du vaccin contre le virus Ebola examinant d’autres espèces profiteront de l’ensemble de données robustes généré par EbolaVac et cela facilitera les futurs progrès. Ces progrès s’appuieront également sur l’effort du projet pour améliorer la productivité et la formulation des vaccins contre le virus Ebola élaboré à partir d’un adénovirus de chimpanzé (ChAd), ainsi que sur les efforts collectifs pour générer des lectures immunologiques largement acceptées».

De façon plus générale, EbolaVac a également contribué à augmenter la sensibilisation mondiale concernant les menaces infectieuses et émergentes en Afrique. Le projet a souligné le besoin d’accentuer les efforts en préparation, comme la création de nouveaux organismes interinstitutionnels telle que la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies. «EbolaVac s’est traduit concrètement par un renforcement de la capacité et de l’expertise de recherche clinique dans des pays africains, concernés par ces menaces», explique le Dr Philippe Denoel (directeur de la R&D extérieure chez GSK Vaccines).

Mots-clés

EBOLAVAC, vaccins contre le virus Ebola à partir de ChAd, innovations en matière de préparation aux épidémies, vaccin