Service Communautaire d'Information sur la Recherche et le Développement - CORDIS

Un biocapteur pour une pomme de terre plus sûre

Dans certaines conditions, l'inoffensive pomme de terre cuite peut contenir de l'acrylamide. Des chercheurs européens ont développé un biocapteur alertant les cultivateurs et les producteurs de la présence de glucose, un précurseur de cette toxine.
Un biocapteur pour une pomme de terre plus sûre
Les recherches récentes ont montré que savourer une assiette de frites, un sachet de chips ou une pomme de terre cuite n'était pas aussi inoffensif que ça. Tout vient comme d'habitude, de la chimie – un sucre réducteur et un acide aminé, chauffés ensembles, peuvent générer de l'acrylamide, un neurotoxique ayant des propriétés génotoxiques et cancérigènes. On retrouve tous ces ingrédients dans la pomme de terre.

L'une des solutions réside peut-être dans la concentration de sucres réducteurs qui varie énormément en fonction des conditions de récolte et de stockage (de 0,1 mg à 10 mg par gramme de pomme de terre). Le projet Reflab financé par l'UE s'est fixé pour objectif d'aider cultivateurs et industriels à éviter cette combinaison mortelle. Les chercheurs du projet ont donc développé un biocapteur de glucose, capable de tester les pommes de terre crues.

Le nouveau biocapteur de Reflab a été conçu en tenant compte de la biochimie propre de la pomme de terre. La mesure donne une indication de la quantité d'acrylamide qui sera générée pendant la cuisson. La sensibilité de l'appareil est élevée et le biocapteur basé sur la réaction du NADH (nicotinamide adénine dinucléotide) est capable de détecter des concentrations de sucre autour de 0,02 g/L dans une fourchette de température de 20°C à 80°C.

La vitamine C et certains composés phénoliques (l'acide caféique, par exemple, qui freine la rétention d'eau) peuvent également se retrouver dans la pomme de terre. Ces composés ont une certaine tendance à être oxydés et à interférer avec la lecture. L'une des caractéristiques les plus intéressantes du biocapteur consiste justement à pouvoir fonctionner en milieu oxydant comme en milieu réducteur, ce qui permet d'éviter ces interférences.

D'un point de vue commercial, les concepteurs du projet et leurs partenaires industriels ont testé le potentiel de production du capteur avec un résultat positif de 1000 capteurs par jour. Le site web du projet ainsi qu'une plaquette sont maintenant disponibles pour de plus amples informations sur le capteur Reflab. Les partenaires du projet sont persuadés que ce biocapteur a un avenir commercial et recherchent activement les meilleures options pour pouvoir le vendre aux cultivateurs et aux industriels de la transformation.

Informations connexes