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Les effets du prion sur le système immunitaire

Depuis l'apparition de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) dans les troupeaux à la fin des années 80, des progrès considérables ont été réalisés quant à la transmission et la biologie du prion, l'agent infectieux de la maladie. Une initiative européenne a permis d'accroître encore nos connaissances en étudiant la capacité du prion à traverser la barrière des espèces et sa transmission par l'intermédiaire de la chaîne alimentaire.
Les effets du prion sur le système immunitaire
Les maladies à prions ou encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) forment un groupe de maladies neurodégénératives qui affectent les animaux et l'homme. Elles se caractérisent par de longues périodes d'incubation, une perte neuronale et l'absence de réponse inflammatoire qui devrait combattre l'agent infectieux.

Malgré des recherches intensives sur les prions, les agents responsables des EST, de nombreuses questions restent encore en suspens comme par exemple la diversité des différentes souches de prions, leur capacité à franchir la barrière des espèces et leurrer la réponse immunitaire de leur hôte. Le site de déposition de la protéine infectieuse (PrPSc) peut varier suivant les différentes encéphalopathies spongiformes transmissibles, augmentant ainsi ses chances d'être transmise le long de la chaîne alimentaire.

Le projet Immunoprion («Immunological and structural studies of prion diversity»), financé par l'UE, a voulu analysé les propriétés fondamentales des encéphalopathies spongiformes et identifier celles susceptibles de déboucher sur le développement d'outils diagnostics. L'objectif principal des partenaires du projet était de définir plus en profondeur les différentes souches de prions en se basant sur les caractéristiques structurelles de la PrPSc. Pour ce faire, les chercheurs ont caractérisé de manière extensive les complexes de PrPSc synthétisés in vitro et analysé leur configuration tridimensionnelle par cryotomographie électronique de très haute résolution.

Pour étudier l'influence de l'inflammation chronique sur la transmission du prion, les membres de l'équipe ont induit une inflammation du tube digestif chez l'animal avec du sulfate de sulfate dextran. Les résultats ont montré un blocage de la progression du prion pendant l'inflammation qui s'est révélé proportionnel aux dommages neuronaux générés par le DSS. Ce résultat est cohérent avec d'autres travaux et conforte l'idée que le sort de la maladie est déterminé au cours des premiers jours de l'infection.

En isolant les cellules immunitaires de ces animaux, les chercheurs devraient pouvoir déterminer quel type d'interaction est à l'œuvre entre les différentes souches de prions et le système immunitaire.

Dans l'ensemble, les travaux des partenaires du projet Immunoprion renforcent l'hypothèse selon laquelle le système immunitaire jouerait un rôle crucial dans la transmission des prions et surtout dans leur capacité à sauter la barrière des espèces. Ces découvertes pourraient déboucher sur le développement de nouveaux outils innovants capables de détecter les prions et de faciliter leur étude.

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