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Une stratégie de prévention du cancer du col de l'utérus

Le cancer du col de l'utérus représente un problème de santé majeur en Europe. Pour mieux prévenir ce cancer, de nouvelles stratégies permettant d'estimer l'impact de la vaccination et de nouvelles méthodes de dépistage sont absolument nécessaires.
Une stratégie de prévention du cancer du col de l'utérus
L'infection persistante du papillomavirus humain (VPH) est la principale responsable du cancer du col de l'utérus. Il existe pas moins de quatorze types différents de virus du papillomavirus humain. Pourtant, les types 16 et 18 sont responsables de la majorité des cancers observés. Le virus du papillomavirus humain est aussi impliqué dans le cancer du pénis, du vagin et de la vulve, ainsi que dans le cancer anal et oropharyngien chez les deux sexes.

Le lien étiologique entre le VPH et le cancer du col de l'utérus a fortement encouragé le développement de vaccins et de tests de dépistage. Le consortium du projet PREHDICT («Health-economic modelling of prevention strategies for HPV-related diseases in European countries»), financé par l'UE, a cherché à déterminer les exigences et les stratégies de vaccination contre le VPH et de dépistage du col de l'utérus dans les pays d'Europe.

Le consortium a montré que la variation des stratégies de lutte contre le cancer du col de l'utérus des différents pays de l'Union nécessitait des critères s'appuyant sur des données objectives pour la mise en place d'une stratégie globale de prévention. Les chercheurs ont créé une base de données objective sur cette pathologie associée au VPH en recueillant systématiquement et en résumant toutes les données sur l'incidence des infections au VPH et la maladie. La banque de données contient des informations sur l'efficacité de la vaccination, la performance des nouvelles méthodes de dépistage, la pratique du dépistage, le style de vie et des données démographiques. Les résultats de cette enquête permettront de souligner les forces et les faiblesses des stratégies de prévention en place.

Une part importante des travaux a également été consacrée au développement de modèles mathématiques décrivant la transmission du papillomavirus entre l'homme et la femme. Ces modèles indiquent clairement que les femmes tant vaccinées que non vaccinées bénéficieraient d'un programme de vaccination contre les virus de type 16 et 18. Ils prédisent également un effet d'immunité collectif substantiel qui guidera les futurs travaux de mise en place des programmes de vaccination.

Des modèles individuels simples ou complexes de type markovien ont été utilisés pour l'analyse de rentabilité de la vaccination. Les chercheurs ont ainsi analysé l'impact de la vaccination des jeunes adolescentes sur la propagation du virus dans la population ainsi que l'impact additionnel en cas de vaccination des jeunes garçons. La vaccination des jeunes filles de 12 ans contre les types 16/18 s'est révélée très rentable en termes de rapport efficacité/coût dans les pays où la prévention contre le cancer du col de l'utérus est rare et sa charge financière très élevée.

Un résultat majeur du projet a été les preuves permettant de démontrer qu'un dépistage du VPH améliorait de 60 à 70 % la protection contre le cancer du col de l'utérus, par rapport à la cytologie (The Lancet, 2014). Dans les pays d'Europe de l'Est, le critère de rentabilité de la vaccination n'avait encore jamais été évalué, les travaux du projet pourraient ainsi favoriser la création de nouvelles politiques préventives dans ces pays. Les résultats de la modélisation pourraient par ailleurs être utilisés pour concevoir des programmes intégrés de vaccination et de dépistage en utilisant les nouveaux outils de dépistage.

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Mots-clés

Cancer du col de l'utérus, vaccination, méthodes de dépistage, VPH, modèle mathématique