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Une nouvelle génération de vaccins contre la bilharziose

Un vaccin destiné à lutter contre l'infection parasitaire de la bilharziose est le centre des travaux d'un projet commun Europe/Afrique. Le concept de cette étude repose sur la conception et la sélection d'antigènes présents lors du stade larvaire du parasite.
Une nouvelle génération de vaccins contre la bilharziose
La bilharziose est une infection chronique causée par le schistosome, un ver parasitaire, on estime qu'elle affecte près de 200 millions de personnes dans le monde. Le praziquantel est pour l'heure la seule option thérapeutique mais les récidives infectieuses sont très fréquentes particulièrement chez les enfants vivant dans les zones endémiques. Ces infections répétées demandent à chaque fois, une nouvelle administration de la molécule, ce qui accroît le risque de générer des vers résistants au praziquantel.

Dans ce contexte et en se basant sur l'observation qu'une certaine immunité se développait dans les zones endémiques, les chercheurs du projet THESCHISTOVAC («The targeted development of a new generation vaccine for schistosomiasis») ont décidé de développer un nouveau vaccin prophylactique. Ce vaccin devrait être dirigé contre le stade larvaire suivant immédiatement la pénétration cutanée.

Les tentatives précédentes de développement d'un vaccin efficace s'étant soldées par des échecs, le consortium a décidé de sélectionner les antigènes candidats avec le plus grand soin, en tenant compte des caractéristiques requises en termes de profil d'expression et d'antigénicité. Pour ce faire, les chercheurs ont établi le profil transcriptomique de Schistosoma mansoni à 15 stades différents de son cycle biologique et sélectionné pour l'instant 15 protéines susceptibles d'être utilisées pour le développement du vaccin. Des informations plus détaillées sont accessibles l'adresse le site Internet du projet.

Les chercheurs ont également établi le profil d'expression des glycanes à tous les stades du cycle du parasite et utilisé ces données pour développer des puces matricielles de criblage des anticorps sériques. Les premiers résultats montrent que les groupes de population des zones endémiques peuvent être discriminés en se basant sur leur réponse anticorps à certains glycanes du parasite.

Un autre aspect important du projet concerne la génération d'un modèle animal (rat) d'infection par le schistosome afin d'étudier le comportement du système immunitaire lors des premiers stades de l'infection. Les candidats vaccins seront testés sur ce modèle afin de pouvoir étudier l'induction de la réponse immunitaire contre les différents stades larvaires du parasite.

Ces travaux feront non seulement avancer nos connaissances sur l'immunologie de la bilharziose et les mécanismes de protection contre le parasite, ils impacteront également la conception du vaccin de manière significative. Associés à l'amélioration des infrastructures de recherche et à la formation des équipes locales, les chercheurs espèrent avec ces travaux, réduire le nombre de cas de bilharziose en Afrique sub-saharienne.

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