Service Communautaire d'Information sur la Recherche et le Développement - CORDIS

Harmoniser le développement des vaccins

Les additifs ou adjuvants qui stimulent le système immunitaire lors de la production des anticorps sont essentiels pour la production de vaccins efficaces. Un projet financé par l''UE cherche à optimiser le développement des nouveaux vaccins en harmonisant les essais d''adjuvants.
Harmoniser le développement des vaccins
Une récente enquête sur les pratiques d''utilisation des adjuvants a montré que le développement de vaccins destinés à lutter contre certaines maladies liées à la pauvreté (MLP) était freiné par le manque de standardisation des modèles et protocoles employés pour les essais. Les données obtenues ne sont par conséquent ni comparables ni réutilisables pour d''autres études.

Afin de résoudre ce problème et fournir une méthode harmonisée d''évaluation des adjuvants, les partenaires du projet PHARVAT («Platform for the harmonization of vaccine adjuvant testing») ont sélectionné la souris C57 Black6 comme animal modèle pour ces comparaisons. Les chercheurs ont ainsi élaboré les paramètres d''études pour un protocole de développement standardisé. Parmi les paramètres choisis par les partenaires du projet, on peut citer par exemple, l''injection intramusculaire, un maximum de 50 µl par injection et trois immunisations sur un calendrier de vaccination de quatre semaines.

Les membres du projet ont développé un kit de comparaison contenant les antigènes de référence, l''antisérum et un protocole standardisé nécessaire pour une comparaison harmonisée des adjuvants. Pour ce kit d''essai sur la souris modèle, ils ont sélectionné trois antigènes de référence, l''antigène 1 de la membrane apicale (AMA1), l''antigène 85A et l''antigène de surface du virus de l''hépatite B pour tester la réponse immunitaire contre le paludisme, la tuberculose et l''hépatite B, respectivement.

Les chercheurs ont choisi ces antigènes en raison de la bonne disponibilité de ces antigènes en quantité et en qualité GMP (pour good manufacturing practices). Pour complémenter ces antigènes, les partenaires du projet ont choisi trois adjuvants de référence comme l''hydroxyde d''aluminium comme base de référence, une émulsion d''huile de squalène dans l''eau et une formulation liposomale de Saponine QS21. Des fonds de l''OMS (Organisation mondiale de la santé) ont permis aux chercheurs de réaliser des expériences d''immunisation in vivo sur les souris C57 Black6 générant ainsi suffisamment de sérum pour l''inclure dans le kit de référence.

Pour chaque antigène, 7,5 ml d''antisérum sont suffisants pour réaliser 20 000 essais pour chacun des quatres isotopes en utilisant la technique d''immunosorption liée à l''enzyme (test ELISA). Des essais Elispot ont montré que les trois antigènes couvraient parfaitement les réponses immunitaires de type I/II en tenant compte des biais potentiels (faux négatifs et faux positifs). Ces travaux seront publiés dans un journal à comité de lecture.

Ces travaux sont également disponibles sur le site du projet, celui-ci fournissant aussi des informations détaillées sur la méthode harmonisée de comparaison des adjuvants. Un référentiel du kit mis en place à l''OMS fournira les sérums de référence hautement titrés ainsi que les antigènes. Le laboratoire de formulation vaccinale de l''université de Lausanne (Suisse) fournira quant à lui, les adjuvants. Ces mesures devraient globalement faciliter l''harmonisation de la comparaison des adjuvants et par conséquent optimiser le développement de vaccins contre les MLP.

Informations connexes