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FP7

PLANT VOLATILES — Résultat en bref

Project ID: 236011
Financé au titre de: FP7-PEOPLE
Pays: France

Des pathogènes de plantes qui renforcent leur propre transmission

Des travaux récents ont montré que des virus qui infectent des plantes (les hôtes du virus) les rendent attrayantes pour les insectes (les vecteurs du virus), augmentant ainsi la probabilité d'être transmis. Un projet financé par l'UE étudie les relations complexes entre ces plantes, leurs virus et les vecteurs de la maladie.
Des pathogènes de plantes qui renforcent leur propre transmission
Les pathogènes de plantes, en particulier les virus, peuvent manipuler la biochimie de l'hôte afin d'attirer des insectes qui transmettront le virus à d'autres plantes. Cette adaptation est favorable à la transmission du virus mais on ignore largement sa fonction et les facteurs associés dans la survie à de nombreuses infections.

Le projet PLANT VOLATILES («Evolution of plant volatiles manipulation by vectored pathogens») cherchait à combles ces lacunes. Les chercheurs ont commencé par étudier ce qui se passe lorsque le virus chinois de la frisolée jaune de la tomate (TYLCCNV, transmis par la mouche blanche) infecte la plante modèle Arabidopsis thaliana.

Des membres de PLANT VOLATILES ont constaté que le gène beta-C1 du virus modifie l'expression de l'acide jasmonique, qui est une défense chimique contre la mouche blanche. En outre, les Arabidopsis infectées produisaient davantage de linalol, un composé volatil attirant les insectes vecteurs. Les travaux ont montré que la modification de la plante se limite à un seul gène et ne résulte pas de la multiplication du virus dans les tissus de l'hôte. Le gène beta-C1 est aussi responsable de mécanismes centraux de régulation, un fait en rapport la taille limitée du virus qui contient souvent des gènes à plusieurs fonctions.

Le projet a ensuite étudié la compétition entre les pathogènes, un aspect plus écologique des changements induits par les virus. C'est ainsi que le virus de la mosaïque de la pastèque (WMV) et celui de la mosaïque jaune de la courgette (ZYMV) sont devenus concurrents. Les modifications des plantes infectées par les deux virus étaient les mêmes que pour une infection par ZYMV seulement. Ceci suggère que des virus capables de manipuler le phénotype de leur hôte puissent être exploités par des concurrents 'tricheurs' incapables des mêmes manipulations.

En outre, l'équipe a étudié l'effet d'infections virales d'autres membres de la famille des Cucurbitacées (qui comprend les courges et les concombres) sur leur susceptibilité aux infections (souvent fatales) par la bactérie Erwinia tracheiphila. Une infection par ZYMV n'a que peu réduit les symptômes et la mort des plantes, suggérant une petite réduction des visites par le scarabée vecteur. Les travaux de PLANT VOLATILES ont d'importantes conséquences sur la compréhension de l'évolution des pathogènes. Leur application pourrait être utile en agriculture et en horticulture, où les insectes ont un rôle majeur dans la transmission des maladies.

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