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De nouvelles méthodes de surveillance pour les réacteurs nucléaires vieillissants

Les scientifiques effectuent des analyses microstructurelles minutieuses des composants irradiés au sein des réacteurs nucléaires. Les résultats permettront d'obtenir des outils de prédiction, des codes et des normes pour les réacteurs nucléaires vieillissants ou en construction.
De nouvelles méthodes de surveillance pour les réacteurs nucléaires vieillissants
Les réacteurs à eau légère (REL) représentent la majorité des centrales nucléaires mondiales. Les caissons de réacteur en acier contiennent un liquide de refroidissement à haute température et à haute pression. Ils sont soumis à des réglementations rigoureuses quant à la probabilité de panne en conditions normales de fonctionnement et en cas d'accident potentiel.

Les centrales nucléaires européennes prennent de l'âge. Toutefois, les données de surveillance pour un fonctionnement à long terme (FLT, soit plus de 20 ans) sont encore limitées. À ce titre, il convient de renforcer les connaissances du comportement à long terme en ce qui concerne la fragilisation suite à une irradiation neutronique, afin de valider ou corriger les outils de prédiction, les codes et les normes actuelles.

Une meilleure définition des comportements microstructurels des caissons de réacteur irradiés faciliteront l'extension en toute sécurité de la fin de vie (FDV) des réacteurs existants tout en renforçant celle des nouveaux en chantier. Grâce au soutien de l'UE, les scientifiques ont voulu relever ce défi dans le cadre du projet LONGLIFE («Treatment of long term irradiation embrittlement effects in RPV safety assessment»).

Les chercheurs visent surtout à atteindre une définition microstructurelle des défauts et dégâts provoqués par les neutrons. Ainsi, ils analysent les données relatives à la fragilisation par irradiation et isolent les lacunes au niveau des paramètres microstructurels et mécaniques pour le fonctionnement à long terme. Les matériaux composant les caissons de réacteur fortement irradiés sont utilisés pour évaluer les effets de «late-blooming», un phénomène de fragilisation qui apparaît lorsque le bombardement neutronique dépasse un certain seuil. Une question importante concerne l'établissement de règlements et codes adéquats afin d'établir si les composants des caissons soumis aux tests de vieillissement accéléré présentent les mêmes comportements que les modèles en service Les scientifiques ont déjà produit plusieurs rapports basés sur les résultats de tests et les protocoles d'analyse. Ils contiennent des recommandations quant à la réutilisation des échantillons testés, le transfert des résultats de tests sur les réacteurs aux conditions réelles des REL et le contrôle de la fragilisation suite aux radiations pendant les périodes d'extension de vie des réacteurs anciens

Les résultats du projet LONGLIFE devraient améliorer la sécurité des REL existants et des nouveaux réacteurs en chantier. La mise en œuvre de ces recommandations prouvera l'engagement de l'UE en termes de sécurité. Cela encouragera le recours à une énergie nucléaire dépourvue de carbone et des normes de sécurité plus rigoureuses.

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