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L'origine génétique de la pré-éclampsie

La pré-éclampsie est un des troubles les plus graves de la grossesse. Des chercheurs d'Europe et d'Asie centrale ont uni leurs forces pour réaliser la plus grande étude sur l'origine génétique de la pré-éclampsie.
L'origine génétique de la pré-éclampsie
Environ 10 % des femmes développent une pression artérielle élevée (hypertension) au cours de la grossesse. Lorsqu'elle s'accompagne d'un mauvais fonctionnement rénal et d'une perte de protéine dans l'urine, cette condition appelée pré-éclampsie peut mettre en danger la vie de la mère et de l'enfant. Bien que des médicaments puissent contrôler l'hypertension, le seul remède à la pré-éclampsie est de donner naissance au bébé. Cependant, les risques combinés de croissance intra-utérine insuffisante et de prématurité entraînent une mortalité élevée.

C'est pourquoi, pour des soins anténataux mieux adaptés, il est plus qu'important d'identifier suffisamment tôt les femmes présentant le risque le plus élevé de pré-éclampsie. Parmi celles-ci citons les femmes ayant présenté des symptômes lors d'une grossesse précédente, une prédisposition médicale ou un historique familial de pré-éclampsie. Des preuves indiquent que les antécédents familiaux de pré-éclampsie chez une femme enceinte ou son partenaire triplent quasiment les risques de développer cette maladie.

Le projet INTERPREGGEN (Genetic studies of pre-eclampsia in central Asian and European populations), financé par l'UE, a entrepris de découvrir les changements au niveau de l'ADN des mères, pères et bébés de familles touchées par la pré-éclampsie afin d'identifier les facteurs de prédisposition à la pathologie.

À cette fin, les chercheurs ont effectué un criblage d'association à l'échelle du génome de l'ADN de 15 600 femmes et 8 600 bébés nés de grossesses à pré-éclampsie. Ils ont utilisé une puce de génotypage pour tester 1 million de polymorphismes à nucléotide simple et les résultats ont été comparés à la composition génétique de 300 000 sujets de contrôle. Ils ont également examiné l'ADN de pères de bébés nés après pré-éclampsie pour déterminer de quel parent la variante avait été héritée.

L'investigation INTERPREGGEN a révélé plusieurs variantes d'ADN chez les femmes qui étaient associées à l'hypertension pendant la grossesse. Par ailleurs, pour la première fois des variantes de l'ADN associées à une prédisposition à la pré-éclampsie ont été découvertes chez le bébé. Le consortium a utilisé des données cliniques et génétiques pour générer une base de données simple comme ressource puissante pour tester des modèles de prévision des risques.

Dans l'ensemble, les résultats de l'étude offrent de nouvelles connaissances du mécanisme de la pré-éclampsie. Ils stimuleront de nouveaux domaines de recherche, conduisant à terme à de nouvelles approches pour la prévision, la prévention et le traitement de la pré-éclampsie.

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Thèmes

Life Sciences

Mots-clés

Pré-éclampsie, grossesse, hypertension, historique familial, INTERPREGGEN, génotypage