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Optimiser la gestion du diabète par un meilleur diagnostic

Le diabète est une maladie chronique qui s'accompagne de nombreuses complications allant de problèmes de reins et de vue jusqu'à des maladies cardiovasculaires, dont le traitement dépend du type de maladie. Il faut donc disposer de méthodes pour différencier ces types.
Optimiser la gestion du diabète par un meilleur diagnostic
C'est dans ce but que des leaders européens en biologie des cellules bêta, génétique et diabète clinique, se sont associés dans le cadre du projet 'Collaborative European effort to develop diabetes diagnostics' (CEED3), qui était financé par l'UE. Pour mettre au point des méthodes exactes de diagnostic, et valider les biomarqueurs, ils ont utilisé des prélèvements sur l'homme, la modélisation in silico, des lignées cellulaires et des modèles animaux.

Les membres de CEED3 ont obtenu plusieurs résultats révolutionnaires en matière de diabète non insulinodépendant chez les jeunes (MODY), souvent diagnostiqué à tort comme diabète de type 1 ou 2. Les travaux approfondis ont confirmé que le taux de protéine C-réactive était notablement inférieur chez les patients HNF1A-MODY que chez ceux atteints de diabète de type 1 ou 2. En outre, la mesure de biomarqueurs comme les anticorps de cellule bêta et le peptide C ont permis de différencier les diabètes MODY et de type 1. D'autres marqueurs potentiels ont été identifiés, comme les protéoglycanes, mais leur utilité est limitée par la difficulté à mettre au point les tests appropriés. Les chercheurs ont réalisé un calculateur en ligne de propriété MODY en vue de prévoir quels seront les patients qu'il convient de tester au niveau génétique. Ils travaillent actuellement à intégrer les informations sur les biomarqueurs pour renforcer l'exactitude des prévisions.

La perturbation ou l'arrêt du fonctionnement des cellules bêta dans les îlots de Langerhans du pancréas réduit la production d'insuline, ce qui modifie la glycémie et entraîne le diabète. Des efforts considérables ont donc été entrepris pour déterminer et valider des biomarqueurs du fonctionnement des cellules bêta. La première analyse à l'échelle du génome a été conduite sur des patients diabétiques de type 2, pour étudier les modifications de la méthylation de l'AND des îlots chez l'homme. Des études de bioinformatique, de séquençage du génome et de l'exome ont contribué à détecter plusieurs mutations de gènes pertinents, comme celui de la protéine SFRP4.

Les chercheurs ont aussi tenté de trouver des biomarqueurs (génétiques ou non) des complications résultant du diabète au niveau du foie, des reins, de la rétine et du système cardiovasculaire. Des études métabolomiques sur des patients de type 1 ont révélé l'association de la sphingomyéline sérique avec un état avancé de troubles hépatiques et métaboliques.

Les résultats ont conduit à choisir le groupe CEED3 pour rédiger des directives de diagnostic et de gestion du diabète monogéniques (comme MODY). Les résultats des travaux ont déjà été diffusés par 107 publications dans des revues révisées par des pairs, plus de 90 conférences, des programmes de sensibilisation, des vidéos sur YouTube et le site du projet .

Le fait de gérer le diabète en fonction du type des maladies réduira notablement le coût des soins, améliorera la santé du patient et ouvrira de nouvelles possibilités de thérapie.

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Biotechnology