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Des chercheurs révèlent une diminution des abeilles sauvages et des fleurs qu'elles pollinisent

Une équipe de chercheurs européens a découvert les preuves d'une baisse sensible de la diversité à la fois des abeilles et des fleurs qu'elles pollinisent. Des scientifiques installés au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne ont observé l'évolution de la biodiversité sur...

Une équipe de chercheurs européens a découvert les preuves d'une baisse sensible de la diversité à la fois des abeilles et des fleurs qu'elles pollinisent. Des scientifiques installés au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne ont observé l'évolution de la biodiversité sur plusieurs centaines de sites et constaté que la diversité des abeilles s'est appauvrie dans près de 80 pour cent d'entre eux. Des recherches antérieures avaient mis en évidence une réduction de la diversité des abeilles dans de petits nombres de sites, mais cette étude est la première à démontrer une diminution de la diversité des abeilles sur une grande échelle. De surcroît, le déclin de la diversité des abeilles s'accompagne d'un déclin parallèle des fleurs sauvages qui ont besoin d'insectes pour leur pollinisation. En même temps, les populations de plantes anémogames et autogames sont restées inchangées ou ont augmenté. Les chercheurs espèrent à présent clarifier si la déperdition des fleurs sauvages est due à la diminution des abeilles ou inversement, ou si les deux phénomènes s'inscrivent en réalité dans un cercle vicieux d'appauvrissement. "Quelle qu'en soit la cause, l'étude émet l'hypothèse inquiétante que le recul de certaines espèces pourrait déclencher des extinctions locales en cascade parmi d'autres espèces connexes", a commenté le docteur Koos Biesmeijer, de l'université de Leeds. La diminution du nombre d'abeilles pourrait entraîner de graves répercussions pour le secteur agricole. "L'on considère que la valeur économique de la pollinisation à travers le monde atteint un montant de 30 à 73 milliards d'euros par an", a déclaré le docteur Simon Potts, de l'université de Reading. Les chiffres les plus récents pour l'UE remontent à 1989, date à laquelle l'UE ne comptait que 12 membres. A ce moment déjà, l'on évaluait que la pollinisation de 30 cultures seulement par des abeilles valait un montant annuel de 4,25 milliards d'euros. Les recherches sont aujourd'hui en cours pour actualiser ces données. Il a été estimé que quelque 84 pour cent des cultures européennes dépendent directement des insectes pour leur pollinisation, parmi lesquelles un grand nombre de fruits et de légumes, ainsi que les noix, les graminées et les herbacées. Les conséquences de la diversité décroissante des abeilles seraient moins tragiques si des espèces d'insectes similaires susceptibles de polliniser les mêmes espèces de végétaux survivaient. Les études ont malheureusement fait apparaître que les insectes qui pollinisent une faible variété d'espèces de fleurs ou qui ont des besoins d'habitat spécialisés ont les plus grandes probabilités de disparaître. Cela signifie en pratique qu'un petit nombre de pollinisateurs prennent la place d'un grand nombre d'espèces spécialisées plus rares. D'après le docteur Biesmeijer, ces constats ont de profondes implications. "Si ce schéma se reproduit ailleurs, les "services de pollinisation" que nous considérons comme acquis pourraient être menacés", a-t-il averti. "Et dans la foulée, l'avenir des plantes que nous connaissons dans nos campagnes."

Pays

Allemagne, Pays-Bas

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