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Des patients «bien dans leur peau» grâce à des greffes révolutionnaires issues des biotechnologies

En plus de défigurer et de réduire le mouvement, la cicatrisation d’une autogreffe de peau peut être douloureuse et très invalidante. Le projet denovoSkin, financé par l’UE, a automatisé la fabrication de peau issue des biotechnologies afin de surmonter ces graves problèmes.

Santé

Dans le monde, plus de 11 millions de brûlures surviennent chaque année, dont 180 000 sont mortelles. La peau issue des biotechnologies peut être fabriquée manuellement, mais ce processus est chronophage et onéreux. Au cours des dix dernières années, l’environnement s’est préparé pour développer de nouveaux processus et équipements de fabrication. L’automatisation est désormais une réalité pour l’industrialisation de tissus issus de l’ingénierie.

Une nouvelle ère pour la peau issue des biotechnologies

«Chez Cutiss, par le biais du projet denovoSkin, nous avons pu combiner les avancées réalisées en ingénierie et en biologie pour automatiser ces processus manuels», explique Vincent Ronfard, directeur de l’innovation chez Cutiss AG. Ce processus innovant implique de développer une nouvelle peau à partir du propre tissu du corps. Il sauve des vies, vise à réduire la cicatrisation chez les personnes ayant d’importantes lésions cutanées, et enfin, il améliore leur qualité de vie. La base qui sous-tend la thérapie cellulaire autologue pour traiter les grandes brûlures consiste à multiplier les cellules à partir d’un petit morceau de tissu cutané. Cette multiplication, ou amplification, consiste à augmenter le nombre de cellules du patient des centaines à des milliers de fois tout en préservant leur caractère souche et leur qualité. Il s’agit d’une étape cruciale dans le processus de fabrication qui nécessite de préserver la capacité des cellules à se répliquer et à se différencier en lignées cellulaires viables. Pour multiplier les cellules, l’équipe a décidé d’adapter la technologie de fibres creuses développée par Terumo BCT. «Nous sommes partiellement parvenus à produire dans un court délai un grand nombre de cellules de qualité acceptable pour fabriquer notre peau grâce aux biotechnologies», explique Vincent Ronfard. Cette étape sera intégrée dans des processus en amont et en aval.

Des problèmes inattendus résolus

Au début du projet, l’équipe entendait développer un dispositif intégré unique pour automatiser son processus de fabrication (automatisation entièrement intégrée). Vincent Ronfard souligne l’évolution de leur système: «Après plusieurs séances de réflexion, nous avons réalisé que ce n’était pas la meilleure approche. Nous avons alors décidé de décomposer le processus manuel et de le diviser en trois modules: isolement des cellules, expansion cellulaire et génération de tissu.» La phase II portera sur l’intégration harmonieuse des trois modules et leur mise en œuvre en recourant aux bonnes pratiques de fabrication. Après leur développement réussi, certaines des connexions intermédiaires entre les modules devront encore être optimisées ainsi que l’automatisation des contrôles en cours de fabrication.

L’avenir de denovoSkin

Le marché mondial du traitement des grandes brûlures représente des milliards de dollars. denovoSkin™ est unique et peut être déployé à plus grande échelle. «Dans l’ensemble, nous sommes vraiment ravis du résultat du projet d’automatisation de denovoSkin. Nous avons démontré la faisabilité de l’automatisation du processus de fabrication de peau issue des biotechnologies, de la PI et du savoir-faire générés, et nous avons conçu deux prototypes jamais développés auparavant.» denovoSkin™ a également reçu la désignation de médicament orphelin pour le traitement des brûlures par Swissmedic, l’Agence européenne des médicaments et la FDA. Vincent Ronfard poursuit: «Nous avons désormais une base solide pour poursuivre ce programme jusqu’à son terme et concevoir une machine d’ingénierie de la peau à utiliser dans notre production conformément aux bonnes pratiques de fabrication.» Les travaux de cette phase finale devraient durer trois ans. Vincent Ronfard conclut: «Le financement de l’UE nous a permis de faire de véritables avancées dans l’automatisation du processus de fabrication dans la thérapie par ingénierie tissulaire. Un autre financement, de l’ordre de 15 millions d’euros, nous permettra de développer cette avancée scientifique exceptionnelle pour offrir une greffe de peau personnalisée et abordable.»

Mots‑clés

denovoSkin, automatisation, issu des biotechnologies, brûlures, greffe de peau, fabrication de peau, caractère souche

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