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Un fabricant d'enzymes se donne les moyens de ses ambitions

En augmentant les capacités de production et de la chaîne d'approvisionnement, un projet financé par l'UE a assuré la viabilité commerciale d'une série d'enzymes industrielles innovantes. L'utilisation des enzymes par un ensemble de processus pourrait aider des secteurs énergivores comme les usines de papier et de pâte à papier, l'industrie chimique et l'industrie du biogaz à produire de façon durable et à réduire les déchets nocifs.

Technologies industrielles

Les enzymes sont essentielles à la vie, car elles déclenchent les réactions naturelles se déroulant dans nos corps et dans la nature. Ces catalyseurs naturels ne sont cependant pas toujours adaptés aux conditions industrielles extrêmes, qui nécessitent souvent des températures élevées. De nombreux secteurs industriels se sont donc tournés vers l'utilisation de produits chimiques qui contribuent à la pollution et à la production de déchets. L'entreprise finlandaise MetGen a cherché à traiter ce problème en mettant au point des enzymes génétiquement modifiées pouvant fonctionner dans des conditions industrielles. Les MetZymes sont des solutions enzymatiques brevetées capables de traiter la biomasse lignocellulosique (des matières végétales non consommables) et de la décomposer en ses molécules constitutives. Du laboratoire à l'industrie «C'est une chose d'inventer de nouvelles enzymes, mais c'en est une autre d'être capable de les utiliser pour résoudre des problèmes industriels à grande échelle,» explique Matti Heikkilä, directeur technologique de MetGen et coordinateur du projet APEX. «Il faut pour cela réaliser des démonstrations à l'échelle de plusieurs centaines de tonnes, ce qui pose un problème considérable à une petite société comme la nôtre.» L'objectif principal du projet APEX, financé par l'UE et achevé en mars 2017, a donc été de faire passer au niveau supérieur les capacités de production et de la chaîne d'approvisionnement de MetGen. «Cette mise à l'échelle permet de réaliser des démonstrations commerciales avec des essais à l'échelle industrielle, ce qui est impératif dans notre domaine,» déclare M. Heikkilä. Cet objectif a été atteint en améliorant les processus existants et en perfectionnant une plate-forme technologique qui fournit une voie précise pour développer des solutions sur mesure pour les clients. Cela signifie que l'industrie de la pâte à papier et du papier, par exemple, peut discuter de ses besoins et voir ensuite comment les enzymes pourraient fonctionner en pratique, afin de déboucher sur un produit final en papier ou en carton. «Nous pouvons ainsi nous concentrer et travailler sur les problèmes spécifiques à chaque client,» explique M. Heikkilä. «La standardisation du procédé est telle que nous pouvons, en moins de six mois, passer d'une idée à une enzyme utilisable à l'échelle industrielle.» Exploiter le potentiel du marché En plus du papier, ces enzymes très performantes et capables de décomposer la biomasse lignocellulosique ont d'autres applications industrielles. Le secteur chimique, par exemple, est de plus en plus intéressé par des produits chimiques et matériaux renouvelables pour compléter ou remplacer leur offre actuelle, dans le but de réduire leur empreinte environnementale. Les processus industriels à grande échelle nécessitent souvent un traitement des eaux usées, et des solutions à base d'enzymes naturelles pourraient permettre de réaliser des économies dans ce domaine et de réduire la pollution. La capacité de certaines enzymes à décomposer la biomasse lignocellulosique en produits solubles dans l'eau pourrait également permettre aux bioraffineries d'en tirer un meilleur parti. «Nous avons mis au point des enzymes permettant de convertir les sucres lignocellulosiques de la biomasse en bioplastiques, ce qui était impossible auparavant,» déclare M. Heikkilä. «La conversion de sucres lignocellulosiques en produits chimiques de plate-forme pourrait également ouvrir toute une série de nouvelles possibilités. Mais encore une fois, tout cela nécessite des démonstrations à grande échelle, et nous n'aurions pas pu le faire sans le projet APEX, qui a été financé par le biais de l'instrument 2020 pour les PME.» M. Heikkilä estime que ce type de projet est un exemple de ce qui doit être fait pour garantir la compétitivité mondiale de l'Europe. «L'Europe a beaucoup de travail à faire dans ce domaine,» déclare-t-il. «Les États-Unis et la Chine investissent résolument dans des entreprises prêtes à lancer leurs produits. À moins de financer l'intégralité de la chaîne d'innovation, l'Europe prendra du retard en matière d'investissements dans les sciences, les technologies et les connaissances.» Pour MetGen, ce type de soutien a constitué une passerelle de financement vitale pour lui permettre de faire passer les enzymes du laboratoire à des démonstrations à l'échelle industrielle.

Mots‑clés

APEX, génétique, enzymes, biomasse, lignocellulosique, pollution, déchets, PME, produits chimiques

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